19 personnes de plus écrouées dans l’enquête visant la communauté Süleymanlılar
Les points importants
- Détentions : 19 personnes de plus placées en détention provisoire dans le cadre de l’enquête financière visant la communauté Süleymanlılar.
- Perquisitions : 38 mandats émis, 28 domiciles et 16 locaux perquisitionnés dans 12 provinces, et 23 entreprises sous administration judiciaire.
- Soupçons politiques : le gouvernement dément toute motivation politique, mais l’ancien ministre de l’AKP Hüseyin Çelik met en garde contre le ciblage des communautés religieuses.
Un tribunal turc a ordonné la détention provisoire de 19 personnes dans la dernière phase d’une enquête pour crimes financiers visant des personnes liées à la communauté Süleymanlılar, a rapporté vendredi l’agence de presse DHA.
Cinq autres personnes ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire après que 24 suspects ont été présentés à un tribunal à l’issue de leur interrogatoire par la police et les procureurs.
Ces décisions font suite à la cinquième vague de perquisitions dans le cadre de l’enquête menée par le parquet d’Ankara. La police a perquisitionné 28 domiciles et 16 locaux professionnels dans 12 provinces après que les procureurs ont émis des mandats d’arrêt contre 38 personnes.
Vingt-deux personnes ont d’abord été interpellées lors des perquisitions du 19 octobre. Ce nombre est ensuite passé à 24, selon DHA.
Les procureurs enquêtent sur des allégations de création, de direction ou d’appartenance à une organisation criminelle, de blanchiment d’argent, de fraude envers des institutions publiques et de violations de la législation fiscale.
L’enquête vise le leader de la communauté, Alihan Kuriş, incarcéré en attendant son procès depuis août. Kuriş a nié avoir dirigé une organisation criminelle ou avoir participé à du blanchiment d’argent ou à une fraude.
L’affaire s’est élargie au fil d’opérations successives visant des personnes et des entreprises liées à la communauté. En septembre, les procureurs ont émis des mandats contre 29 suspects et ont obtenu la désignation d’administrateurs judiciaires pour 23 sociétés.
Les Süleymanlılar font remonter leurs racines au savant islamique Süleyman Hilmi Tunahan. La communauté gère des cours de Coran, des résidences étudiantes, des œuvres caritatives et des entreprises en Turquie et en Europe, notamment en Allemagne. Kuriş, petit-fils de Tunahan, en est devenu le leader en 2016.
L’enquête a suscité des questions sur d’éventuelles motivations politiques. La communauté est restée en dehors du cercle étroit des alliés religieux du président Recep Tayyip Erdoğan et de son parti au pouvoir, l’AKP, et elle aurait, selon certaines informations, soutenu des partis d’opposition.
L’ancien ministre de l’Éducation Hüseyin Çelik, membre fondateur de l’AKP, a prévenu en août que les enquêtes sur les communautés religieuses risquaient de devenir un moyen de punir les groupes dont les dirigeants s’opposent au gouvernement.
Il s’est demandé si les Süleymanlılar auraient fait l’objet d’une action similaire si leurs dirigeants avaient soutenu le parti au pouvoir.
Le gouvernement dément toute volonté de cibler la communauté en raison de ses croyances ou de sa position politique. Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a affirmé que l’enquête porte sur de présumés délits financiers, et non sur des activités religieuses.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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