Des migrants afghans accusent les forces frontalières turques de violences, vols et abandon dans une tempête de neige
Les points importants
- Violences et abandon : Des migrants afghans accusent les forces frontalières turques de les avoir battus, dépouillés et abandonnés dans le froid, causant 11 amputations et au moins 20 morts.
- Enquête de BBC Afghan Forensic : Basée sur 12 témoignages, l’enquête révèle des conditions inhumaines et des températures de -15°C, avec des migrants forcés de retourner vers l’Iran.
- Dénis et critiques : Le ministère turc des Affaires étrangères rejette les accusations, tandis que des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent des refoulements systématiques.
Des migrants afghans accusent les forces frontalières turques de les avoir battus, dépouillés et abandonnés par un froid glacial près de la frontière iranienne, entraînant l’amputation de membres pour 11 personnes et la mort d’au moins 20 autres, selon une enquête de BBC Afghan Forensic publiée par le service turc de la BBC.
L’enquête se base sur des entretiens avec 12 migrants afghans, âgés de 13 à 25 ans, qui affirment avoir fait partie d’un groupe d’environ 50 personnes arrêtées en janvier à Van, une province de l’est de la Turquie frontalière de l’Iran et une route empruntée par les migrants tentant de rejoindre l’Europe.
Les migrants allèguent que les forces de sécurité turques les ont détenus pendant plusieurs jours dans des conditions difficiles, les ont battus avec des barres de fer, leur ont pris leurs chaussures, chaussettes et effets personnels, puis les ont forcés à retourner vers l’Iran par groupes, alors que les températures descendaient à moins 15 degrés Celsius, rapporte BBC Turkish.
Onze personnes, dont Asim, 13 ans, ont ensuite subi l’amputation de membres à cause d’engelures, tandis que cinq des migrants ont déclaré à la BBC avoir vu au moins 20 personnes mourir de froid.
L’un des migrants, identifié comme Shahsavar, 21 ans, a subi l’amputation des deux jambes et des deux mains après avoir été transporté à un hôpital de Kaboul, selon le rapport.
Le ministère turc des Affaires étrangères a nié ces allégations, déclarant à BBC Afghan Forensic que les forces de sécurité frontalières turques agissent conformément au droit national et international et respectent la dignité humaine.
Le ministère a également affirmé que les migrants en situation irrégulière placés en détention reçoivent de la nourriture, de l’eau et une assistance médicale, et que la Turquie applique des normes humanitaires sans compromis, selon BBC Turkish.
La Turquie accueille l’une des plus grandes populations de réfugiés au monde et a été saluée pour avoir accueilli des millions de personnes fuyant la guerre, notamment des Syriens et des Afghans. Cependant, des organisations de défense des droits ont accusé les autorités turques de refouler les Afghans à travers la frontière avec l’Iran ou de les expulser vers l’Afghanistan sans leur permettre de demander une protection.
Human Rights Watch a déclaré en 2022 que la Turquie refoulait les Afghans à sa frontière avec l’Iran et en expulsait d’autres vers l’Afghanistan avec peu ou pas d’examen de leurs demandes d’asile. Amnesty International a également rapporté en 2022 que les autorités turques et iraniennes avaient illégalement renvoyé des hommes, des femmes et des enfants afghans et refusé à beaucoup l’accès aux procédures de protection.
Un avocat du barreau de Van a déclaré à BBC Afghan Forensic que le barreau n’avait pas reçu d’informations sur les dernières allégations, mais savait que des cas de refoulement et d’hypothermie s’étaient produits dans la région.
BBC Afghan Forensic a également demandé des commentaires aux autorités iraniennes.




