La jeunesse turque soutient l’opposition principale et propulse un parti anti-réfugiés à la 3e place : sondage
Les jeunes électeurs en Turquie se rallient derrière le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, tandis que le parti d’extrême droite et anti-réfugiés, le Parti de la victoire (ZP), émerge comme une forte troisième force derrière le parti au pouvoir, selon un nouveau sondage d’ORC Research.
L’enquête, menée du 15 au 18 juin auprès de 2 160 participants âgés de 17 à 29 ans, révèle que 30,5 % des répondants voteraient pour le CHP si des élections générales avaient lieu ce dimanche. Le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan suit avec 21,2 %, reflétant un fossé générationnel marqué dans les préférences politiques.
GENÇLERİN OY TERCİHLERİ
« Bu Pazar Genel Seçim Olsa »
︎CHP %30,5
︎AK PARTİ %21,2
︎ZAFER %10,2
︎DEM %7,6
︎MHP %6,3
︎YRP 5,1
︎İYİ %4,5
︎TİP %3,5
︎YMP %2,9
︎A PARTİ %2,8
︎BBP %2,4
︎DİĞER %3,0
︎15-18 Haziran 2025
︎17/29 Yaş – 2160 Katılımcı pic.twitter.com/K7S3Dfii4J
— ORC ARAŞTIRMA (@orc_arastirma) June 20, 2025
Mais le résultat le plus frappant est le soutien de 10,2 % obtenu par le ZP, dirigé par la figure controversée Ümit Özdağ. Connu pour son discours anti-réfugiés et son nationalisme dur, Özdağ a gagné du terrain parmi une jeunesse désenchantée, malgré ses démêlés judiciaires. Libéré de détention provisoire plus tôt ce mois-ci après avoir purgé une peine pour incitation à la haine publique, il reste accusé d’insulte au président – une accusation souvent utilisée contre les critiques d’Erdoğan.
L’ascension du ZP reflète un réalignement politique plus large chez les jeunes électeurs. Les critiques acerbes d’Özdağ contre le parti au pouvoir et son positionnement marginal séduisent les jeunes Turcs qui se sentent exclus de la politique traditionnelle. Récemment, il a dénoncé les enquêtes pour corruption visant des responsables de l’opposition, accusant le gouvernement d’application sélective des lois et de saper la confiance dans les institutions démocratiques.
Le Parti démocratique des peuples (DEM), pro-kurde, arrive en quatrième position avec 7,6 %, franchissant de justesse le seuil électoral national. Le Parti d’action nationaliste (MHP) – allié clé du bloc au pouvoir d’Erdoğan – n’obtient que 6,3 %, en dessous du minimum de 7 % requis pour entrer au parlement.
En avril 2022, la Turquie a abaissé son seuil électoral de 10 % à 7 %, une mesure largement perçue comme visant à aider l’AKP et son allié d’extrême droite à conserver le pouvoir parlementaire face à un soutien public en déclin. Ce changement est intervenu alors que les sondages montraient le MHP en difficulté pour dépasser l’ancien seuil, poussant les critiques à affirmer que cette réforme répondait plus à des calculs de survie politique qu’à une véritable démocratisation.
Selon le sondage, les autres partis stagnent : le Parti de la nouvelle félicité (YRP) islamiste obtient 5,1 %, l’opposition nationaliste du Parti İYİ (Bon) 4,5 %, le Parti des travailleurs de Turquie (TİP) 3,5 %, tandis que les petits partis restent sous les 3 %.
Bien que les prochaines élections générales soient prévues pour 2028, le mécontentement croissant des jeunes et les recompositions politiques laissent présager un paysage en mutation profonde. Ce sondage révèle une génération aux prises avec l’instabilité économique, le chômage et une frustration envers le statu quo – des facteurs qui pourraient redéfinir l’avenir démocratique de la Turquie.

︎CHP %30,5


