La Turquie exhume les restes d’un guide religieux dans le cadre d’une enquête sur sa mort
Les points importants
- Exhumation ordonnée par la justice : Les restes d’Arif Ahmet Denizolgun, ex-ministre et guide religieux, ont été exhumés sur fond de suspicions familiales et de dossiers médicaux disparus.
- Contexte de répression : Cette affaire s’inscrit dans le climat de purge post-coup de 2016 qui a vu l’instrumentalisation de la justice contre des figures religieuses non alignées sur le pouvoir.
- Déchirements internes : La mort non élucidée du dirigeant a provoqué une scission au sein de la communauté Süleymanlı et conduit à l’emprisonnement de son successeur, Alihan Kuriş.
Les autorités turques ont exhumé mercredi les restes d’Arif Ahmet Denizolgun, ancien ministre des Transports et chef de file du groupe religieux communément appelé Süleymancılar, et qui se désignent eux-mêmes comme Süleymanlılar, près de dix ans après sa mort.
Des procureurs et des équipes de la police scientifique ont travaillé pendant environ trois heures au cimetière de Karacaahmet à Istanbul avant de transférer sa dépouille au Conseil de médecine légale (ATK).
Le parquet de Bakırköy a ordonné l’ouverture de la tombe après que des proches ont émis des doutes sur les circonstances de sa mort et sur l’autopsie initiale.
Le conseil examinera ses restes pour déterminer si Denizolgun est mort de causes naturelles ou s’il a été victime d’un acte criminel.
Denizolgun est décédé en septembre 2016, sa mort étant alors attribuée à une hémorragie cérébrale.
Son frère et son fils affirment depuis longtemps qu’il a été assassiné, tandis qu’un dossier judiciaire antérieur révélait que le premier rapport d’autopsie avait disparu.
Denizolgun, petit-fils du savant islamique Süleyman Hilmi Tunahan, dont le groupe s’inspire, a dirigé les Süleymanlılar de 2000 jusqu’à sa mort et a exercé la fonction de ministre des Transports de 1998 à 1999.
Le travail du groupe Süleymanlılar se concentre sur les écoles coraniques, les foyers d’étudiants et les mosquées en Turquie et en Europe.
La mort de Denizolgun a porté son neveu Alihan Kuriş à la tête du groupe et a ensuite provoqué une scission au sein de la famille quant aux circonstances de son décès.
Un tribunal turc a placé dimanche Kuriş et 31 autres personnes en détention provisoire dans le cadre d’une affaire liée aux finances du groupe.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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