La Turquie franchit une étape vers la poursuite de 10 députés de l’opposition, dont le chef de parti
Le gouvernement turc a franchi une étape vers l’ouverture de poursuites judiciaires contre 10 parlementaires de l’opposition, dont le chef du principal parti d’opposition, en transmettant à une commission parlementaire des demandes de levée de leur immunité, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant le quotidien Birgün.
Les requêtes émanant de la présidence ciblent des députés de quatre partis d’opposition, parmi lesquels Özgür Özel, chef du Parti républicain du peuple (CHP), les hauts responsables du CHP Ali Mahir Başarır et Özgür Karabat, le vice-président du Parti İYİ (Bon) Turhan Çömez, les députés du Parti démocratique des peuples (DEM Party) Vezir Coşkun Parlak et Özgül Saki, ainsi que le député du Parti des travailleurs de Turquie (TİP) Ahmet Şık. Les dossiers ont été transmis à une commission parlementaire pour examen.
Les détails des accusations mentionnées dans ces requêtes n’ont pas été rendus publics.
Özel fait face à quatre demandes distinctes de levée d’immunité, tandis que le député du Parti İYİ Lütfü Türkkan en affronte deux, selon la soumission parlementaire.
Selon la constitution turque, les députés bénéficient d’une immunité pendant leur mandat, sauf si le parlement vote pour la lever – un processus que les partis d’opposition dénoncent comme étant de plus en plus utilisé contre les critiques du gouvernement.
Ces dernières années, des demandes similaires visant à lever l’immunité de députés de l’opposition ont été déposées à plusieurs reprises, certaines étant approuvées par le parlement, ouvrant la voie à des poursuites que les critiques qualifient de tentatives pour museler toute dissidence. Les députés des partis pro-kurdes ont souvent été la cible de telles procédures, plusieurs ayant été emprisonnés ou destitués après la levée de leur immunité.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre le CHP depuis sa victoire écrasante aux élections locales de mars 2024, où il a reconquis Istanbul, Ankara et d’autres grandes villes tout en obtenant pour la première fois depuis des décennies la plus large part des voix au niveau national.
Dans un rapport intitulé « La justice contre les urnes : Anatomie d’un coup d’État » publié fin octobre, le CHP a qualifié ces enquêtes et opérations de campagne gouvernementale visant ses municipalités et maires depuis un an.
Selon ce rapport, 16 maires du CHP sont actuellement en détention provisoire, tandis que des administrateurs ont été nommés dans 13 municipalités à travers le pays. Le document recense des arrestations massives, des poursuites politiques et la mainmise sur des municipalités dirigées par l’opposition après les élections de 2024. Il note également une recrudescence d’enquêtes pour corruption et « appartenance à une organisation terroriste » visant des responsables du CHP depuis l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu en mars 2025, qualifiant son cas « d’exemple le plus visible de pression politique sur l’opposition ».
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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