Le leader de l’opposition turque évoque des élections possibles d’ici octobre 2027
Özgür Özel, le leader du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition en Turquie, a déclaré que des élections pourraient se tenir d’ici octobre 2027, signalant la possibilité d’un scrutin anticipé et exhortant son parti à se préparer face à l’évolution des dynamiques politiques dans le pays.
La Turquie doit normalement tenir des élections générales en 2028, mais les spéculations sur un vote anticipé persistent depuis des mois.
Lors d’une interview sur Sözcü TV, Özel a annoncé que le CHP lancera une campagne nationale le 4 mai, mobilisant des dizaines de milliers de membres pour du porte-à-porte dans les 81 provinces.
Il a indiqué que le parti a identifié 186 000 représentants pour les bureaux de vote, dont plus de 100 000 commenceront leur travail de terrain dès la semaine prochaine.
La campagne se concentrera sur la promotion des politiques du CHP tout en dénonçant ce qu’Özel qualifie de pressions judiciaires sur l’opposition et la détérioration des conditions économiques.
« Nous devons agir comme si les élections pouvaient survenir à tout moment », a déclaré Özel, avertissant que les développements politiques pourraient déclencher un scrutin anticipé.
Les dirigeants du bloc au pouvoir ont rejeté à plusieurs reprises ce scénario. Le président Recep Tayyip Erdoğan a récemment affirmé que les élections se tiendraient comme prévu en 2028, répétant qu’aucun scrutin n’était envisagé avant cette date.
Devlet Bahçeli, leader du Parti d’action nationaliste (MHP) et allié d’Erdoğan, a également exclu tout changement du calendrier électoral.
La constitution turque limite le président à deux mandats mais permet une nouvelle candidature si le parlement convoque des élections anticipées. Une telle décision nécessiterait au moins 360 voix dans le parlement de 600 sièges, ce qui impliquerait un soutien de l’opposition par l’AKP et le MHP.
Özel a souligné que cette campagne marque une nouvelle étape pour le CHP, avec des organisations locales jouant un rôle plus actif en prévision d’une mobilisation électorale plus large prévue l’année prochaine.
La question de la limite des mandats reste au cœur des débats. Suite au référendum de 2017 instaurant un système présidentiel, le gouvernement considère que l’élection de 2018 était le premier mandat d’Erdoğan sous ce nouveau système et celle de 2023 son second.
Les figures de l’opposition et certains experts juridiques contestent cette interprétation, estimant qu’Erdoğan a été élu trois fois (en 2014, 2018 et 2023) et qu’une nouvelle candidature soulèverait des questions constitutionnelles.
Erdoğan dirige la Turquie depuis 2003, d’abord comme premier ministre puis comme président, ce qui fait de lui l’un des dirigeants les plus anciens du pays.
Le CHP, qui a remporté une victoire majeure lors des élections locales de mars 2024, fait face depuis à des pressions judiciaires et administratives croissantes.
Plus de 20 maires du CHP ont été emprisonnés à divers moments, tandis qu’au moins 25 ont été suspendus de leurs fonctions, selon des médias locaux. Certaines municipalités sont placées sous tutelle, d’autres ont vu leur contrôle changer via des votes au conseil municipal ou des transfuges politiques.
Parmi les personnes concernées figure Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et figure majeure du CHP, emprisonné en 2025 après une détention ayant déclenché de vastes manifestations.
Les responsables du CHP affirment que ces mesures affaiblissent leur contrôle des municipalités après leurs succès électoraux de 2024, tandis que le gouvernement soutient que les enquêtes sont fondées sur des bases légales.




