Le PKK critique le projet de loi turc sur le sort de ses combattants
Les points importants
- Critiques du PKK : le projet ignore la question kurde et exige la libération d’Öcalan.Soutien politique : le texte est appuyé par l’AKP et le DEM Party, ainsi que par le leader emprisonné Demirtaş.Bilan du conflit : au moins 50 000 morts depuis 1984.
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation interdite, a critiqué dimanche un projet de loi turc encadrant le retour de ses membres à la vie civile après le dépôt des armes, avertissant que certaines dispositions resteraient inefficaces sans la libération de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan.
Le Parlement turc doit débattre du texte lundi dans le cadre d’un effort visant à mettre fin à plus de quatre décennies de conflit entre le PKK et l’État turc.
La proposition suspendrait les poursuites et les peines de prison pour certaines infractions pendant des périodes allant de cinq à dix ans. Les enquêtes seraient abandonnées et les peines considérées comme purgées si les personnes concernées ne récidivaient pas durant cette période.
Certains crimes, dont l’homicide volontaire, resteraient exclus du dispositif. Les médias pro-gouvernementaux ont avancé que cette exclusion devrait s’appliquer à Öcalan, qui purge une peine à perpétuité.
« Cette loi contient de graves erreurs et lacunes. Les recommandations … concernant la démocratisation et la résolution de la question kurde n’ont pas été prises en compte », a déclaré la direction du PKK dans un communiqué relayé par l’agence Firat News (ANF), un média proche du groupe.
« Le fait qu’elle ne mentionne que le désarmement sans utiliser le terme “kurde” montre que la question n’a pas été abordée dans son ensemble », ajoute le communiqué.
Le PKK a également réclamé des garanties permettant aux anciens membres de participer à la vie politique sans risquer l’emprisonnement pour leurs opinions.
Le groupe a averti que « de nombreuses dispositions de la loi resteront lettre morte » tant qu’Öcalan, 77 ans, ne sera pas libéré.
Öcalan est emprisonné depuis 1999. Il a appelé le PKK l’an dernier à se dissoudre et à déposer les armes en réponse à une initiative de paix lancée par le gouvernement turc fin 2024. Le PKK a ensuite annoncé qu’il se conformerait à cet appel.
Le projet de loi bénéficie du soutien du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan, et du Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples (DEM Party), pro-kurde.
Le politicien kurde Selahattin Demirtaş, emprisonné depuis 2016, a appuyé la proposition dimanche et a exprimé l’espoir qu’elle marquerait « une autre étape cruciale » dans l’effort de paix.
Demirtaş, ancien coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde, a estimé que la mesure pourrait « transformer radicalement le destin de notre pays et de notre région ».
Le conflit a fait au moins 50 000 morts depuis que le PKK a lancé une campagne armée contre l’État turc en 1984.
© Agence France-Presse




