Le principal parti d’opposition turc, le CHP, confronté à une bataille pour la direction après un verdict judiciaire
Les points importants
- Verdict controversé : Un tribunal d'Ankara annule l'élection de 2023 et rétablit Kılıçdaroğlu, invoquant des achats de votes présumés.
- Réactions de l'opposition : Le CHP dénonce une ingérence judiciaire du gouvernement et proteste contre cette décision, tandis que la police entre dans son siège.
- Congrès extraordinaire en vue : Plus de 800 délégués du CHP déposent des pétitions pour convoquer un nouveau congrès dans les 45 jours et défier la direction imposée par les tribunaux.
Le principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple (CHP), se dirige vers une nouvelle lutte pour le leadership après que les partisans du président déchu Özgür Özel ont soumis mercredi des pétitions demandant un congrès extraordinaire pour défier l’ancien leader Kemal Kılıçdaroğlu, qui a été réintégré par une décision de justice en mai.
Un tribunal d’Ankara a annulé l’élection de la direction du CHP en 2023, invoquant des achats de votes présumés, et a ordonné à Kılıçdaroğlu, qui avait perdu la présidence du parti au profit d’Özel lors de ce congrès, de revenir à la tête du parti.
Cette décision a déclenché des protestations du CHP, qui a gagné en soutien dans les sondages depuis sa victoire contre le parti au pouvoir du président Recep Tayyip Erdoğan, le Parti de la justice et du développement (AKP), lors des élections locales de 2024. La police est ensuite entrée dans le siège du parti à Ankara au milieu des tensions suscitées par la décision du tribunal.
Özel, un critique virulent d’Erdoğan, a rejeté la décision et a appelé à un congrès extraordinaire, affirmant que le parti ne peut pas être dirigé par un leadership imposé par les tribunaux.
Plus de 800 délégués du CHP avaient soumis des pétitions mercredi pour demander un congrès afin d’élire un chef de parti, a indiqué une source du parti à l’Agence France-Presse.
Les pétitions ont été remises au siège du CHP à Ankara et atteignent le seuil requis par les statuts du parti pour convoquer un congrès extraordinaire dans les 45 jours.
Les observateurs politiques estiment que Kılıçdaroğlu, qui a fait l’objet de vives critiques après une série de défaites électorales, tentera probablement de retarder le congrès et de bloquer toute contestation de son leadership.
La décision du tribunal a plongé le plus ancien parti politique de Turquie dans l’une des crises de direction les plus profondes de son histoire.
Kılıçdaroğlu a dirigé le CHP pendant plus d’une décennie avant d’être destitué lors du congrès de 2023, cinq mois après avoir perdu face à Erdoğan lors d’une élection présidentielle serrée.
Le CHP affirme que la décision du tribunal et les enquêtes distinctes visant ses maires et responsables municipaux font partie d’un effort soutenu par le gouvernement pour affaiblir l’opposition. Le gouvernement nie toute ingérence politique et affirme que la justice agit de manière indépendante.
© Agence France-Presse




