Les journalistes de l’AFP en Turquie font grève pour leurs salaires, le syndicat dénonce l’écart avec l’inflation
Les points importants
- Grève pour des salaires décents : Les journalistes de l'AFP réclament une augmentation en phase avec la hausse réelle des prix, rejetant l'offre de la direction jugée insuffisante.
- Désaccord sur les chiffres de l'inflation : Le syndicat dénonce l'utilisation du taux officiel (30,87 %) plutôt que l'estimation indépendante (54,62 %) pour calculer les hausses.
- Précédent en 2023 : Une grève similaire de neuf jours avait abouti à une victoire des employés après l'acceptation de leurs demandes par la direction.
Les journalistes et employés du bureau turc de l’Agence France-Presse (AFP) ont entamé une grève lundi après l’échec des négociations entre la direction et le syndicat des journalistes de Turquie (TGS), ce dernier affirmant que les augmentations proposées étaient inférieures au taux d’inflation officiel.
Les grévistes ont accroché une banderole « Ce lieu de travail est en grève » au bureau de l’AFP dans le quartier Şişli d’Istanbul et ont appelé la direction à répondre à leurs revendications.
Ce conflit fait suite à des mois de pourparlers en vue d’un quatrième accord collectif entre la direction de l’AFP et le TGS, qui est présent au bureau depuis 2021.
Le TGS a déclaré que les négociations s’étaient soldées par un échec, accusant la direction de proposer une augmentation inférieure à l’inflation officielle à un moment où les salaires en Turquie ont perdu de leur valeur après des années de hausse des prix.
Encore une #AFP en grève, nous luttons pour nos droits fondamentaux, merci pour toute votre solidarité
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— Fulya Özerkan (@FulyaOzerkan) 6 juillet 2026
Les employés ont souligné que la Turquie traverse une crise du coût de la vie et que les chiffres officiels de l’inflation ne correspondent plus aux dépenses réelles des travailleurs.
« Il y a un énorme écart entre les chiffres de TurkStat et la réalité de la vie », a déclaré le communiqué, en référence à l’Institut statistique de Turquie, l’agence publique des statistiques.
Le syndicat a précisé que le mois de référence pour les discussions salariales était mars, lorsque l’inflation annuelle atteignait 30,87 % selon TurkStat et 54,62 % selon l’ENAG, un groupe indépendant d’économistes.
Les employés ont fait valoir qu’on leur demandait d’accepter des augmentations basées sur le taux officiel plus bas, alors que leurs coûts avaient augmenté davantage, se rapprochant de l’estimation indépendante.
Les chiffres officiels sont devenus un point de discorde dans les négociations salariales à travers la Turquie, où les augmentations de salaires du secteur public et privé sont souvent liées aux données de l’inflation. TurkStat a annoncé une inflation annuelle à la consommation de 32,11 % en juin.
La Fédération internationale des journalistes et la Fédération européenne des journalistes ont indiqué que les négociations collectives entre l’AFP et le TGS avaient débuté en février. Le TGS a proposé deux options – une augmentation de 32,4 % avec une prime unique ou une augmentation de 40 % – tandis que l’AFP a contre-proposé une hausse de 25 % et un versement unique de 1 500 €, selon les fédérations.
Le TGS a rejeté l’offre. Une procédure de médiation auprès du ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale a également échoué, ont précisé les fédérations.
La secrétaire générale du TGS, Banu Tuna, a déclaré qu’un niveau de vie protégeant la dignité des travailleurs fait partie intégrante de la liberté de la presse, ajoutant que les journalistes ne peuvent pas travailler librement tout en s’inquiétant du loyer et des factures.
Les employés de l’AFP en Turquie avaient déjà fait grève en 2023 après l’échec des négociations salariales avec l’agence. La grève de neuf jours avait pris fin après que le syndicat avait annoncé que la direction avait accepté leurs revendications.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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