Özel en tête chez les électeurs du CHP pour la direction du parti ; Kılıçdaroğlu privilégié par l’alliance au pouvoir : sondage
Une majorité d’électeurs du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, souhaitent que le président actuel Özgür Özel reste à la tête du parti, tandis que les partisans de l’alliance au pouvoir en Turquie privilégient le retour de l’ancien dirigeant Kemal Kılıçdaroğlu, selon un récent sondage d’opinion.
Les résultats de l’enquête « Le pouls de la Turquie » de Metropoll pour juin ont été annoncés lundi sur X par le professeur Özer Sencar, dirigeant de la société.
Özellikle iktidar ve CHP seçmeninin tavrına dikkat ediniz. pic.twitter.com/dvT34RlmDO
— Ozer Sencar (@ozersencar1) June 30, 2025
Les participants au sondage, réalisé auprès de 1 251 personnes dans 28 provinces de Turquie du 16 au 19 juin, ont été interrogés : « Préféreriez-vous qu’Özgür Özel ou Kemal Kılıçdaroğlu soit président du CHP ? »
Au total, 79,4 % des électeurs du CHP ont déclaré souhaiter qu’Özel reste à la tête du parti, contre seulement 8,1 % favorables à Kılıçdaroğlu. Dans l’ensemble de la population, Özel devançait Kılıçdaroğlu avec 44 % contre 25,8 %, tandis que 30,2 % des répondants ne se prononçaient pas.
Cependant, la tendance était très différente chez les électeurs de l’alliance au pouvoir du président Recep Tayyip Erdoğan. Parmi les partisans du Parti de la justice et du développement (AKP) lors des législatives de 2023, 40,3 % ont exprimé une préférence pour Kılıçdaroğlu à la tête du CHP, contre seulement 18,3 % pour Özel. Le soutien à Kılıçdaroğlu était encore plus marqué chez les électeurs du Parti d’action nationaliste (MHP), avec 51,6 % en sa faveur contre 22,6 % pour Özel.
Ces résultats interviennent dans un contexte de contentieux juridique susceptible d’annuler les résultats du 38e congrès ordinaire du CHP, tenu en novembre 2023, lors duquel Özel avait évincé Kılıçdaroğlu après un rare scrutin interne. Lors de l’audience du 24 juin, un tribunal d’Ankara a reporté sa décision au 8 septembre, invoquant des questions de procédure.
L’affaire découle d’un recours déposé par l’ancien membre du CHP Tolgahan Erdoğan, qui dénonce des irrégularités dans la sélection des délégués et le décompte des voix lors du congrès. Kılıçdaroğlu est cité comme « partie lésée » dans l’acte d’accusation, et ses détracteurs l’accusent d’utiliser cette procédure pour contester la légitimité de son successeur.
Si le tribunal annule le congrès, Kılıçdaroğlu redeviendrait de jure président du parti, l’élection d’Özel étant déclarée nulle.
Kılıçdaroğlu, qui a dirigé le CHP de 2010 à 2023, avait été vivement critiqué après sa défaite face à Erdoğan lors de la présidentielle de 2023. Bien qu’il se soit initialement retiré sans contester, il accuse depuis la direction actuelle d’avoir orchestré une campagne pour le discréditer et promet de « défendre le parti contre les menaces internes et externes ».
Ce conflit a déclenché une lutte de pouvoir au sein du CHP. Özel et ses alliés, dont le maire d’Istanbul emprisonné Ekrem İmamoğlu, dénoncent une éventuelle annulation judiciaire comme un « coup antidémocratique » contre les règles internes du parti. Ils insistent sur le fait que les changements de direction doivent être décidés par les délégués, et non par les tribunaux.
Cette crise ravive des divisions historiques au CHP et inquiète les observateurs, qui craignent un éclatement de l’opposition à un moment où son élan politique est au plus haut après ses victoires aux municipales de mars 2024.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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