Un allié d’Erdoğan accuse les États-Unis de « piraterie » et « d’enlèvement » dans la capture de Maduro
Devlet Bahçeli, le dirigeant du Parti d’action nationaliste (MHP) et proche allié du président Recep Tayyip Erdoğan, a accusé mardi les États-Unis de « piraterie » et « d’enlèvement » après que le président Donald Trump a affirmé que les forces américaines avaient capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération militaire.
S’adressant aux députés lors de la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire, Bahçeli a comparé l’opération à une scène des films « Pirates des Caraïbes », déclarant qu’un « décor de cinéma » avait été « monté » dans la capitale vénézuélienne Caracas sous les yeux du monde entier.
Trump a déclaré que les forces américaines avaient capturé Maduro et son épouse, Cilia Flores, lors d’une opération nocturne avant de les transférer aux États-Unis, une initiative qui a provoqué des condamnations à l’ONU, de nombreux experts juridiques estimant cette action illégale au regard du droit international.
Bahçeli a qualifié l’opération d’« illégitime », ajoutant que même si Maduro avait commis des actes répréhensibles, la punition ne pouvait être imposée « par la force » par un autre pays.
Il a appelé le Congrès américain à intervenir et a exigé le retour de Maduro au Venezuela, arguant que l’avenir du pays devait être décidé par son propre peuple.
Bahçeli a également accusé Trump de chercher à contrôler les ressources énergétiques et a averti que le monde entrait dans une ère de politique de puissance directe.
Le MHP est l’allié clé qui permet au Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdoğan de conserver sa majorité parlementaire, conférant à Bahçeli une influence notable sur la politique turque.
Le gouvernement d’Erdoğan a initialement réagi avec mesure.
Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré samedi suivre de près les développements au Venezuela, appelant « toutes les parties » à faire preuve de retenue et affirmant qu’Ankara était prête à apporter une contribution constructive « dans le cadre du droit international ». Le ministère a également indiqué que l’ambassade de Turquie à Caracas était en contact avec les ressortissants turcs sur place.
Lundi, Erdoğan a déclaré avoir évoqué la question lors d’un entretien téléphonique avec Trump, mettant en garde contre toute violation de la souveraineté et du droit international qui pourrait alimenter une instabilité plus large.
Samedi, Özgür Özel, le dirigeant du principal parti d’opposition CHP, a accusé Erdoğan de garder le silence par « peur de Trump », affirmant que le président turc n’avait pas prononcé « un seul mot » sur la capture et l’expulsion de Maduro.
La Turquie entretient des relations avec Maduro depuis des années, y compris pendant les périodes où les États-Unis tentaient d’isoler le gouvernement vénézuélien par des sanctions et des pressions diplomatiques.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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