Un leader d’extrême droite dénonce des enquêtes pour corruption visant le principal parti d’opposition comme étant politiquement motivées
Ümit Özdağ, chef du parti ultranationaliste turc de la Victoire, a dénoncé mercredi une vague d’enquêtes pour corruption visant des figures du principal parti d’opposition du pays, les qualifiant de politiquement motivées et nuisibles à la confiance publique.
Özdağ a été libéré de détention provisoire mardi après avoir été condamné à plus de deux ans de prison pour incitation à la haine publique. Le tribunal a invoqué le temps déjà passé en détention pour ordonner sa libération, mettant fin à près de cinq mois derrière les barreaux.
Özdağ reste toutefois confronté à des accusations distinctes d’insulte au président — un délit fréquemment utilisé contre les critiques du président Recep Tayyip Erdoğan — avec une prochaine audience prévue le 10 septembre.
Dans des déclarations à l’agence de presse Anka mercredi, Özdağ a critiqué ce qu’il a décrit comme l’application sélective de la loi par le gouvernement, pointant du doigt la pluie d’enquêtes pour corruption lancées ces derniers mois contre des maires et responsables du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition.
« L’application d’une loi pour l’AKP au pouvoir [le Parti de la justice et du développement d’Erdoğan] et d’une autre pour l’opposition provoque une fragmentation extrêmement nocive dans la société », a déclaré Özdağ. « Vous ne pouvez pas convaincre le public que seules les municipalités du CHP sont impliquées dans la corruption, tandis que celles de l’AKP sont totalement irréprochables. »
Au cours des neuf derniers mois, les procureurs turcs ont ouvert des dizaines d’enquêtes sur des municipalités dirigées par le CHP, particulièrement après la victoire écrasante du parti aux élections locales de mars 2024, qui a porté un coup dur à l’AKP.
L’affaire la plus médiatisée concerne le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, candidat du CHP à la présidentielle de 2028 et rival de premier plan d’Erdoğan. Il a été arrêté en mars pour des accusations de corruption et de liens avec le terrorisme, puis incarcéré pour corruption dans une affaire largement perçue par les critiques comme politiquement motivée.
La détention d’İmamoğlu a déclenché des protestations nationales, marquant la plus grande vague de troubles urbains depuis les manifestations du parc Gezi en 2013.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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