Une majorité de Turcs perçoit les poursuites contre le maire d’Istanbul comme politiquement motivées : sondage
Une majorité de citoyens turcs estime que les enquêtes visant le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, en détention provisoire depuis le 23 mars, sont motivées par des considérations politiques plutôt que juridiques, révèle un récent sondage national.
Les résultats du sondage, réalisé par Yöneylem Research, ont été publiés sur X lundi.
Selon l’étude, près de 57% des personnes interrogées considèrent les poursuites contre cette figure de proue de l’opposition comme étant de nature politique, reflétant une méfiance croissante du public envers l’impartialité de la justice sous le règne du président Recep Tayyip Erdoğan.
Yöneylem Araştırma’nın Türkiye Siyaset Araştırması’na göre yurttaşların Ekrem İmamoğlu hakkındaki davalara dair görüşü (19-22 Mayıs, 2.004 görüşme, %95 güven aralığı, +/-2,2 hata payı, CATI, özkaynak finansmanı) pic.twitter.com/XK7LedJQm9
— Yöneylem Sosyal Araştırmalar Merkezi (@YoneylemSosyal) June 2, 2025
İmamoğlu, membre éminent du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) et candidat présidentiel de son parti pour la prochaine élection, a été arrêté le 19 mars dans le cadre d’une enquête l’accusant de corruption et de terrorisme – des accusations largement perçues comme politiques. Il a ensuite été placé en détention pour corruption. Son arrestation, vue comme une manœuvre contre le principal rival politique d’Erdoğan pour la présidentielle de 2028, a déclenché les plus grandes manifestations en Turquie depuis dix ans.
L’enquête nationale « Sondage Politique Turquie », menée du 19 au 22 mai auprès de 2000 participants, a demandé aux sondés s’ils trouvaient crédibles les accusations portées contre İmamoğlu. Selon les résultats, 56,8% ont répondu « non », contre seulement 27,8% les jugeant crédibles. Les 15,4% restants n’ont pas souhaité répondre.
Même parmi les électeurs du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) et de son allié d’extrême droite, le Parti d’action nationaliste (MHP), plus d’une personne sur cinq a déclaré ne pas trouver les accusations convaincantes.
Plus précisément, 17,6% des électeurs de l’AKP et 19,3% de ceux du MHP ont exprimé leur scepticisme. Fait notable, 20,1% des électeurs de l’AKP et 25,1% de ceux du MHP ont refusé de répondre.
Avant son arrestation, les médias pro-gouvernementaux ont intensifié leur campagne de discrédit contre İmamoğlu, publiant une série d’articles négatifs sur ses déplacements, les dépenses municipales et des détournements présumés de fonds publics. Cette offensive médiatique est largement perçue comme une stratégie visant à éroder sa popularité avant les futures élections.
Une figure montante de l’opposition
İmamoğlu a été élu maire d’Istanbul en 2019, infligeant une défaite cuisante au candidat de l’AKP lors d’un scrutin hautement contesté. Sa victoire a été perçue comme un revers majeur pour le président Erdoğan, qui avait commencé sa carrière politique comme maire d’Istanbul.
Il a été réélu lors des municipales de mars 2024.
Depuis, İmamoğlu fait face à de multiples poursuites judiciaires, que ses partisans dénoncent comme une tentative du gouvernement Erdoğan d’écarter un rival présidentiel potentiel. En 2022, il a été condamné à plus de deux ans de prison et interdit de politique pour « insulte » à des responsables électoraux – une décision vivement condamnée en Turquie et à l’étranger. Le dossier est en appel.
İmamoğlu est considéré comme un challenger clé de l’opposition et un potentiel futur candidat à la présidentielle, surtout après la forte performance du CHP aux municipales de 2024.




