Des personnes en deuil portent des portraits du journaliste et cinéaste assassiné Hakan Tosun et une banderole sur laquelle on peut lire "Qu'est-il arrivé à Hakan Tosun ?" lors d'une marche à Istanbul le 16 octobre 2025.
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137 violations de la liberté de la presse enregistrées en Turquie en 2025 : rapport

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Par Bosphorama

Publié le

Le Media Freedom Rapid Response (MFRR) a documenté 137 violations de la liberté de la presse en Turquie en 2025, le troisième chiffre le plus élevé parmi les États membres et candidats de l’UE, dans son nouveau rapport publié mercredi, selon le Stockholm Center for Freedom.

Les violations ont touché 259 journalistes et médias et reflètent ce que le rapport décrit comme un schéma systématique de répression qui s’est intensifié après l’arrestation en mars du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, largement perçu comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, pour des accusations de corruption. Les mesures utilisées dans cette répression comprenaient des actions judiciaires, des violences physiques, des restrictions réglementaires et des contrôles numériques.

Les mesures judiciaires représentaient 70,8 % de toutes les violations enregistrées, ce qui en fait l’outil le plus fréquemment utilisé contre les journalistes, tandis que les pressions réglementaires sont passées à 10,2 %, une forte augmentation par rapport aux 2,2 % de 2024.

Près de la moitié des cas, 49,6 %, concernaient l’arrestation, la détention provisoire ou l’emprisonnement de journalistes pour des accusations liées à la désinformation, au terrorisme, à l’insulte ou à la sécurité nationale.

Au moins 22 journalistes ont été condamnés pour leurs reportages au cours de l’année, tandis que des journalistes de renom tels que Fatih Altaylı, İsmail Saymaz, Nevşin Mengü, Barış Pehlivan, Timur Soykan et Enver Aysever ont été placés en détention provisoire, arrêtés ou poursuivis pour des commentaires ou des analyses politiques.

Le rapport a également documenté 16 incidents d’agression physique et 20 cas d’attaques verbales, y compris des menaces de mort, ainsi que 17 attaques contre des biens, dont une attaque armée contre un bureau local du quotidien Evrensel. Il met en garde contre le fait que l’absence d’enquêtes efficaces sur ces incidents renforce un sentiment d’impunité.

Décrivant le journalisme critique comme étant de plus en plus traité comme « une préoccupation criminelle et sécuritaire », le rapport cite l’assassinat du journaliste environnemental Hakan Tosun et une attaque contre le journaliste Mehmet Nafiz Koca parmi les incidents les plus graves enregistrés au cours de l’année.

Les assignations à résidence et les mesures de contrôle judiciaire, y compris les interdictions de voyager à l’étranger et les obligations de se présenter régulièrement aux postes de police, ont continué à restreindre les activités professionnelles des journalistes tout au long de l’année.

La pression s’est également étendue à ce que le rapport décrit comme la « viabilité institutionnelle » des médias d’opposition. Il cite l’arrestation de Merdan Yanardağ, rédacteur en chef de TELE1, et la nomination d’un administrateur judiciaire à la tête de la chaîne de télévision comme exemples.

L’organisme de régulation audiovisuelle du pays, le Conseil supérieur de la radio et de la télévision (RTÜK), a principalement ciblé les médias d’opposition en 2025 par des interdictions de diffusion et des amendes, avertissant que des violations répétées pourraient entraîner des retraits de licence, notamment en raison de la couverture des manifestations suite à l’arrestation d’İmamoğlu.

Les autorités turques ont également bloqué de plus en plus l’accès aux sites d’information et aux comptes de médias sociaux, tout en réduisant la bande passante internet pendant les manifestations, limitant davantage l’accès du public à l’information.

Le MFRR, créé en 2020 et cofinancé par la Commission européenne, est un mécanisme paneuropéen qui suit, surveille et répond aux violations de la liberté de la presse et des médias dans les États membres et les pays candidats de l’UE.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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