7 interpellations à Istanbul dans une enquête pour corruption visant des municipalités d’opposition
Sept employés de deux municipalités de district dirigées par l’opposition à Istanbul ont été interpellés dans le cadre d’une enquête pour corruption en expansion concernant des irrégularités présumées dans des marchés publics, ont rapporté les médias locaux mercredi.
La police des délits financiers a mené des perquisitions aux aurores dans les municipalités de Beşiktaş et Avcılar, interpellant sept membres d’une commission de surveillance des appels d’offres. Cinq des interpellés travaillent à la municipalité de Beşiktaş et deux à Avcılar, deux administrations dirigées par le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition. L’agence de presse publique Anadolu a indiqué qu’ils étaient accusés d’implication dans des irrégularités dans des marchés publics.
Ces dernières interpellations font suite à l’arrestation précédente des maires de Beşiktaş Rıza Akpolat et d’Avcılar Utku Caner Çaykara, incarcérés et suspendus de leurs fonctions dans le cadre de la même enquête.
L’enquête se concentre sur l’homme d’affaires Aziz İhsan Aktaş, initialement arrêté en tant que présumé chef d’un réseau accusé de corruption, de truquage d’appels d’offres et de blanchiment d’actifs illicites. Il a ensuite coopéré avec les procureurs dans le cadre de la loi turque sur le « repentir efficace », obtenant sa libération, bien que les enquêteurs aient gelé les actifs liés à des entreprises lui étant associées. Ses déclarations ont déclenché des vagues successives d’opérations, des figures de l’opposition soulignant que si Aktaş a été libéré et aurait bénéficié d’une protection, ses témoignages ont conduit à l’arrestation de dizaines de responsables du CHP.
Selon des dossiers cités dans la presse locale, avant ces dernières interpellations, le témoignage d’Aktaş avait conduit à des mandats contre 47 suspects, dont des cadres municipaux et cinq maires de district du CHP. Vingt-deux de ces suspects, dont les cinq maires, sont en détention provisoire.
Les procureurs indiquent que les menaces contre les témoins ayant coopéré avec l’enquête font l’objet d’une instruction séparée.
Les enquêtes sur les municipalités dirigées par le CHP ont commencé en octobre 2024 avec l’arrestation du maire d’Esenyurt Kemal Deniz Bozkurt et se sont depuis étendues à des municipalités de district à travers Istanbul et Adana.
Ces développements interviennent après la victoire écrasante du CHP aux élections locales de mars 2024, lorsque le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir a subi sa pire défaite électorale en deux décennies, perdant le contrôle de villes clés au profit de l’opposition.
Le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, considéré comme un rival majeur du président Recep Tayyip Erdoğan pour la prochaine élection présidentielle, a été arrêté pour corruption le 23 mars, le jour même où il était désigné candidat présidentiel de son parti. Sa détention a provoqué des protestations nationales, marquant la plus grande vague de troubles en Turquie depuis plus de dix ans.
Les dirigeants de l’opposition et les groupes de défense des droits ont accusé le gouvernement d’Erdoğan d’utiliser la pression judiciaire pour réprimer les rivaux politiques et réduire les avancées démocratiques obtenues par les administrations locales dirigées par l’opposition.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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