De nouvelles détentions ciblent les municipalités tenues par l’opposition turque
Les points importants
- Répression politique : Le gouvernement turc multiplie les détentions dans les municipalités CHP, une semaine après sa défaite aux élections locales de 2024.
- Crise de leadership au CHP : L’annulation du congrès du parti et la réintégration de Kılıçdaroğlu affaiblissent la riposte face aux opérations judiciaires.
- Mobilisation contestataire : Des figures comme Özgür Özel dénoncent une dérive autoritaire et appellent à un congrès extraordinaire pour sauver le parti.
Le gouvernement turc resserre son emprise sur l’opposition, avec de nouvelles détentions vendredi visant des élus du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), alors que celui-ci fait face à une crise de leadership croissante.
Les autorités ont mené des opérations ciblant les municipalités dirigées par le CHP dans le district d’Adalar à Istanbul et dans le sud de la Turquie pour une série d’allégations, notamment de corruption et de fraude.
La police a mené des raids simultanés dans quatre villes, arrêtant 37 des 47 suspects cités dans des mandats de détention, a indiqué le parquet d’Istanbul dans un communiqué.
Parmi les personnes arrêtées figure le maire d’Adalar, Ali Ercan Akpolat.
Les suspects sont accusés de corruption, de détournement de fonds, de falsification de documents officiels, de constitution et de direction d’une organisation criminelle, et d’abus de pouvoir, selon le communiqué.
Une opération distincte a visé la municipalité de Silifke dans la province côtière méridionale de Mersin.
Les médias turcs ont rapporté que plusieurs personnes, dont le maire, ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête sur des allégations de corruption, de détournement de fonds, de trucage d’appels d’offres et d’abus de pouvoir.
Ces arrestations font suite à une série d’opérations menées la semaine dernière contre des municipalités du CHP, notamment dans les districts de Beylikdüzü et Silivri à Istanbul, ainsi que dans le district de Seferihisar dans la ville occidentale d’Izmir.
Le CHP a accusé le gouvernement de mener des opérations politiquement motivées visant à affaiblir l’opposition après que celle-ci a battu le parti au pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan, le Parti de la justice et du développement (AKP), lors des élections locales de 2024.
Le parti a cependant également été plongé dans une profonde crise de leadership après qu’un tribunal d’Ankara a annulé en mai son élection à la direction de 2023 pour des allégations d’achat de votes et a réintégré l’ancien président Kemal Kılıçdaroğlu.
Cette décision a déclenché des protestations du CHP, qui gagne du terrain dans les sondages aux dépens d’Erdoğan, le siège du parti ayant été pris d’assaut par la police après la décision.
Özgür Özel, une figure éminente du CHP et un critique virulent d’Erdoğan qui a été démis de ses fonctions de chef du parti par la décision du tribunal, a appelé à un congrès extraordinaire, affirmant que le parti ne peut être gouverné sous ce qu’il a décrit comme une direction imposée.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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