Des organisations de presse turques dénoncent les détentions de journalistes
Les organisations de presse turques ont condamné les récentes détentions de plusieurs journalistes et d’un traducteur médiatique dans le cadre d’une enquête menée par des procureurs de la province d’Artvin, dans le nord-est du pays, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant le site d’information Velev.
Semra Pelek, ancienne membre de l’Association des études médiatiques et juridiques (MLSA) ; Ozan Cırık, journaliste pour Sendika.org ; Melisa Efe, traductrice pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung ; et Dicle Baştürk, journaliste indépendante, ont été arrêtés vendredi à Istanbul pour des soupçons de liens avec une organisation illégale. Ces interpellations ont été ordonnées par le parquet d’Artvin.
Les associations de défense de la presse ont vivement réagi dimanche.
L’Association des journalistes de Turquie (TGC) a déclaré que ces arrestations illustrent un climat où les journalistes subissent des « menaces quotidiennes de détention » et a rappelé que la liberté d’expression et de la presse sont protégées par la Constitution.
« Nous appelons les autorités à cesser d’utiliser les arrestations pour faire taire la presse », a déclaré l’association dans un communiqué. « Les journalistes doivent être libérés et jugés sans détention provisoire. »
DİSK Basın-İş, un syndicat des travailleurs des médias, a également dénoncé ces interpellations.
« Nous ignorons peut-être encore les raisons exactes de ces détentions en raison d’une ordonnance de secret », a déclaré le syndicat sur les réseaux sociaux. « Mais nous en sommes certains : le journalisme n’est pas un crime. »
L’Association des journalistes Dicle-Fırat a aussi condamné ces arrestations, affirmant : « Nous le répétons, le journalisme n’est pas un crime, et nous réaffirmons notre engagement à rapporter la vérité malgré les pressions. »
Les journalistes, transférés à Artvin ce week-end, ont été interrogés sur les paiements perçus pour leurs reportages, l’assistance technique fournie à des sites d’information et leurs communications téléphoniques. Selon des sources, les interrogatoires visaient à déterminer si ces échanges pouvaient constituer des preuves d’activités criminelles. Les détenus ont nié les accusations, affirmant qu’il s’agissait de rémunérations normales pour leur travail professionnel.
La Turquie, l’un des plus grands geôliers de journalistes au monde selon les organisations de défense de la liberté de la presse, est descendue à la 159e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 de Reporters sans frontières (RSF), publié début mai.
Les autorités turques utilisent fréquemment des lois antiterroristes larges et des accusations d’insulte pour poursuivre les membres de la presse.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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