Enquête ouverte après la mort de deux appelés turcs par déshydratation lors d’un entraînement
Deux appelés turcs sont décédés d’une défaillance multiviscérale causée par une déshydratation excessive lors d’un entraînement dans la province méridionale de Hatay, suscitant l’indignation publique et une enquête militaire pour négligence présumée, a rapporté lundi le service turc de la BBC.
Les soldats, identifiés comme Semih Erdoğan, 29 ans, et Hayrullah Halit Karaman, effectuaient leur service militaire obligatoire au Régiment d’entraînement naval d’İskenderun lorsqu’ils sont tombés malades le 25 juillet. Selon les rapports d’autopsie préliminaires, les deux hommes sont décédés d’ »une défaillance multiviscérale due à un déséquilibre électrolytique induit par la déshydratation ».
Le ministère turc de la Défense a confirmé les décès dans un communiqué publié samedi, indiquant que sept soldats au total avaient été hospitalisés avec une forte fièvre. Le traitement aurait commencé à l’infirmerie de l’unité avant que les appelés concernés ne soient transférés à l’hôpital. Alors que cinq soldats restent sous surveillance médicale dans un état stable, Erdoğan et Karaman n’ont pu être sauvés.
Le ministère a annoncé qu’une enquête administrative était en cours pour déterminer d’éventuelles négligences dans les conditions d’entraînement ou la réponse médicale. Les deux soldats ont été enterrés ce week-end — Erdoğan dans sa ville natale de Giresun, et Karaman à Istanbul.
L’incident a suscité des appels à la responsabilité des partis d’opposition. Le Parti républicain du peuple (CHP) a accusé les autorités de négligence et a demandé la formation d’une commission parlementaire pour enquêter sur les décès. Le dirigeant du CHP Özgür Özel a déclaré que ces morts reflétaient une « mauvaise gestion systémique », affirmant que « la Turquie est devenue un pays de morts évitables », et a mis en garde contre une érosion accrue de la confiance envers les forces armées turques.
Évoquant un incident distinct début juillet où 12 soldats turcs sont morts d’une exposition au méthane dans une grotte du nord de l’Irak, Özel a exigé une transparence totale et des comptes à rendre pour ces deux tragédies.
Le chef du groupe parlementaire du CHP et médecin Murat Emir a déclaré : « Nous ne perdons plus nos enfants sur les lignes de front, mais dans les casernes à cause de négligences. »
Le Parti des travailleurs de Turquie (TİP) a repris ces critiques, sa porte-parole Sera Kadıgil s’interrogeant sur comment des soldats pouvaient mourir de déshydratation lors d’un entraînement. « Quel système permet à une personne sous la responsabilité de l’État de mourir d’une ‘défaillance d’organes due à une perte de liquide’ ? » a-t-elle demandé, qualifiant ces décès d’ »homicide par négligence ».
Le député du Parti İYİ (Bon) et chirurgien Turhan Çömez a également exigé des réponses du ministère de la Défense, jugeant médicalement inacceptable que des jeunes hommes en bonne santé meurent de déshydratation. « S’ils s’entraînaient sous une chaleur extrême, ils auraient dû recevoir une hydratation adéquate. Pourquoi ne l’ont-ils pas été ? » a-t-il demandé.
Les compagnons de chambrée des appelés ont déclaré au journal Cumhuriyet qu’ils s’étaient entraînés pendant des jours sous une chaleur intense en préparation d’une cérémonie de prestation de serment. Suite aux annonces des décès, certains appelés ont choisi de dormir à l’infirmerie par crainte pour leur santé.
La déshydratation, surtout dans des conditions extrêmes, peut entraîner confusion, augmentation du rythme cardiaque et finalement une défaillance d’organes si elle n’est pas traitée. L’incident soulève des inquiétudes plus larges sur les normes d’entraînement militaire sous la chaleur estivale en Turquie, particulièrement dans les provinces méridionales comme Hatay où les températures dépassent souvent 40°C.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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