Erdoğan rejoint son allié d’extrême droite pour soutenir la diffusion en direct du procès de son rival İmamoğlu
Le président Recep Tayyip Erdoğan a approuvé mercredi la proposition de diffuser en direct sur la chaîne publique TRT le procès à venir du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, son principal rival politique, emprisonné. Cette décision fait suite au soutien similaire exprimé la veille par son allié d’extrême droite, le chef du Parti d’action nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli.
« Si M. Bahçeli l’a dit, c’est un geste très positif et j’espère qu’il sera bénéfique », a déclaré Erdoğan en réponse aux questions des journalistes après la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP). Sa brève déclaration affirmative signifie que la majorité parlementaire de l’AKP et du MHP soutiendra l’appel de l’opposition pour une diffusion publique de ce procès très médiatisé.
Le Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition qui dénonce une procédure politique contre İmamoğlu, prépare un projet de loi modifiant la législation afin d’autoriser la retransmission nationale des procès d’intérêt public, comme celui du maire d’Istanbul.
Mardi, Bahçeli avait estimé que la nation avait le droit d’assister à des procédures judiciaires d’une telle importance, qualifiant la proposition de « raisonnable et légitime ». Il a présenté cette initiative comme un moyen pour le public de « distinguer les brebis galeuses » et de « voir la vérité pour juger en connaissance de cause ».
Les soutiens conjoints d’Erdoğan et Bahçeli donnent une impulsion politique inédite à l’idée de téléviser un procès en Turquie – une pratique abandonnée depuis les années 2000, après l’interdiction légale des enregistrements audiovisuels dans les salles d’audience.
Des experts juridiques et parlementaires examinent désormais les modifications législatives nécessaires. L’article 183 du Code de procédure pénale, qui interdit actuellement les enregistrements dans les tribunaux, devrait être amendé pour autoriser la diffusion des audiences publiques avec l’accord des parties.
L’article 21 de la Loi sur la radio-télévision turque devra également être modifié pour permettre à la TRT de diffuser gratuitement ces audiences sans autorisation administrative supplémentaire.
Le ministre de la Justice Yılmaz Tunç a reconnu la possibilité d’une diffusion en direct, soulignant que « si un consensus se dégage, la décision reviendra au parlement ». Il a salué l’appel de Bahçeli pour une transparence totale.
Dans les années 1990, la Turquie autorisait les retransmissions de procès, comme lors de la condamnation en 1999 du leader kurde Abdullah Öcalan. Cette pratique a été interdite en 2005 par le Code de procédure pénale.
Erdoğan exclut des élections anticipées et fixe le scrutin à 2028
Dans son discours devant son groupe parlementaire, Erdoğan a rejeté les accusations d’acharnement politique contre les maires du CHP, évoquant « le plus grand réseau de corruption de l’histoire de la République ».
Face à la demande d’élections anticipées du chef du CHP Özgür Özel, Erdoğan a répondu sèchement : « Le scrutin aura lieu en 2028, M. Özgür ». Il a qualifié Özel de « personnage caricatural » et accusé le CHP de refuser les verdicts démocratiques depuis 1950.
La répression contre le CHP s’est intensifiée après ses victoires aux municipales de mars 2024, avec 16 maires emprisonnés et un en résidence surveillée. L’opposition dénonce une instrumentalisation judiciaire contre ses succès électoraux.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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