La BERD relève ses prévisions de croissance pour la Turquie en 2025 mais alerte sur les risques
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a relevé ses prévisions de croissance pour la Turquie en 2025 tout en avertissant que les tensions politiques et les conditions financières instables restent des menaces majeures, rapporte Reuters.
Dans son dernier rapport régional, la banque a révisé à la hausse sa projection pour l’économie turque à 3,1 % pour 2025, soit une augmentation de 0,3 point par rapport à son estimation de mai. Les prévisions pour 2026 restent inchangées à 3,5 %. La croissance devrait se maintenir dans une fourchette de 3,1 à 3,5 % sur les deux années, soutenue par un assouplissement des conditions financières.
Le rapport met toutefois en garde contre les importants besoins de financement extérieur à court terme de la Turquie, qui la rendent vulnérable à la volatilité des marchés mondiaux, au durcissement des conditions de financement et à l’incertitude politique.
L’arrestation en mars du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, considéré comme le principal opposant au président Recep Tayyip Erdoğan, a secoué les investisseurs, provoquant une forte baisse de la livre turque et incitant la banque centrale à opérer une hausse surprise des taux en avril. Cette décision a interrompu un cycle d’assouplissement entamé plus tôt dans l’année.
Beata Javorcik, économiste en chef de la BERD, a déclaré que la décision de la banque centrale démontrait un engagement à juguler l’inflation malgré le coût économique des taux d’emprunt élevés. « Les autorités semblent déterminées à lutter contre l’inflation, conscientes que le coût de l’inaction serait encore plus élevé », a-t-elle affirmé.
Javorcik a noté que le gouvernement a renforcé les contrôles sur les prêts privés tout en permettant à la livre de s’apprécier en termes réels, une stratégie qui aide à réduire l’inflation des importations mais affaiblit la compétitivité des exportations.
La BERD a ajouté qu’une détente des tensions régionales, notamment en Syrie et dans le Caucase, ainsi qu’un renforcement des liens avec l’Union européenne, pourraient permettre à la Turquie de capitaliser sur ses atouts dans les secteurs de la construction, de la logistique et de la défense.
Selon le rapport, la Turquie a été la première destination d’investissement de la banque de développement en 2024.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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