Irak et Turquie s’activent pour maintenir le flux pétrolier via Ceyhan alors que l’accord sur le pipeline approche de son expiration
Les points importants
- Protocole temporaire : un accord d’un an pour garantir la continuité des exportations irakiennes via Ceyhan après l’expiration du contrat actuel.
- Pipeline interrompu : l’oléoduc avait été fermé pendant plus de deux ans suite à une sentence arbitrale de 2023 condamnant la Turquie.
- Route stratégique : la voie de Ceyhan est cruciale pour l’Irak et la région du Kurdistan face aux perturbations dans le golfe Persique.
L’Irak et la Turquie préparent un protocole temporaire pour maintenir les exportations de pétrole irakien via le port turc de Ceyhan pendant que les deux pays négocient un nouvel accord sur le pipeline, ont indiqué des responsables irakiens et kurdes.
Le protocole devrait couvrir les exportations pendant un an après l’expiration de l’accord actuel le 27 juillet, donnant à Bagdad, Ankara et au gouvernement régional du Kurdistan (GRK) le temps de travailler sur un nouveau cadre.
L’accord actuel régit la route du pipeline qui transporte le brut du nord de l’Irak jusqu’à Ceyhan, un terminal d’exportation méditerranéen qui donne à l’Irak un accès aux marchés mondiaux sans dépendre du golfe Persique.
Une délégation irakienne s’est rendue à Ankara mercredi et jeudi pour des discussions sur l’avenir du pipeline et la coopération énergétique, a annoncé vendredi le ministère irakien des Affaires étrangères.
La délégation comprenait des responsables des ministères irakien des Affaires étrangères et du Pétrole ainsi que des représentants du ministère des Ressources naturelles de la région du Kurdistan.
Les deux parties ont convenu de poursuivre les travaux techniques et juridiques et devraient signer un protocole exécutif pour assurer la continuité des exportations pétrolières irakiennes, y compris le brut de la région du Kurdistan, a précisé le ministère.
Khazal Hostani, directeur général des contrats au ministère des Ressources naturelles du GRK, a déclaré que le protocole temporaire maintiendrait plus de 200 000 barils par jour en transit via Ceyhan, a rapporté Kurdistan24.
Hostani a indiqué que les discussions à Ankara avaient couvert les questions financières, juridiques et techniques et incluaient des hauts responsables du ministère turc de l’Énergie.
L’accord marque une tentative d’éviter une nouvelle perturbation sur une route qui a été au centre de différends entre Bagdad, Ankara et Erbil depuis des années.
Le pipeline a été fermé pendant plus de deux ans après une sentence arbitrale de 2023 de la Chambre de commerce internationale de Paris, qui a conclu que la Turquie avait violé son accord avec l’Irak en autorisant des exportations indépendantes de pétrole kurde sans le consentement de Bagdad.
La sentence a ordonné à la Turquie de verser à l’Irak environ 1,5 milliard de dollars de dommages pour les exportations entre 2014 et 2018. Une deuxième procédure d’arbitrage couvrant les années ultérieures et une affaire d’exécution connexe devant un tribunal américain sont en cours.
Les flux pétroliers ont repris à la fin de l’année dernière, mais sont restés bien en deçà de la capacité de la route. Le pipeline peut transporter près de 1,5 million de barils par jour, tandis que les exportations de Kirkouk vers la Turquie s’élevaient à 177 000 barils par jour en avril, a rapporté Reuters, citant des données de navigation.
Bagdad avait demandé à Ankara en juin de prolonger l’accord existant d’au moins un an afin de laisser du temps pour de nouvelles négociations.
La Turquie a rejeté une prolongation aux conditions actuelles, estimant que l’ancien cadre ne correspondait plus aux réalités juridiques et commerciales du pipeline.
Ankara souhaite un nouvel accord qui garantirait une utilisation plus complète du pipeline et pourrait inclure de nouvelles connexions, notamment une possible extension vers le sud de l’Irak.
La route de Ceyhan a pris une importance accrue pour l’Irak en raison des pressions sur les exportations méridionales via le golfe Persique. Le terminal de Bassora, principal point d’exportation irakien, a subi des perturbations liées à la guerre régionale qui a interrompu le transport maritime via le détroit d’Ormuz.
L’accord importe également pour la région du Kurdistan, dont le secteur pétrolier dépend de l’accès à la route de Ceyhan et a été touché par des années d’arrêts, de litiges sur les paiements et de désaccords avec Bagdad sur le contrôle des exportations et des revenus.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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