La France écroue neuf ressortissants turcs en attente de leur procès dans une enquête pour trafic d’armes
Les points importants
- Démantèlement d’un réseau : La police française a démantelé un réseau présumé de trafic d’armes dans les Alpes-Maritimes, plaçant dix ressortissants turcs en examen, dont neuf écroués.
- Saisies massives : Près de 1,475 million d’euros d’avoirs saisis, incluant des liquidités, véhicules de luxe, bijoux et autres biens de valeur.
- Réseau transnational : Le groupe est soupçonné d’être lié à des filières en Turquie, Suisse, Allemagne, Autriche, Belgique et France, avec des implications dans le trafic de drogue et d’êtres humains.
Les autorités françaises ont placé dix ressortissants turcs en examen et écroué neuf d’entre eux en détention provisoire après que la police a démantelé un présumé réseau international de trafic d’armes dans le sud-est de la France, a rapporté le quotidien français Le Parisien, citant le parquet de Marseille.
Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a déclaré au Parisien que l’opération avait été menée le 9 juin dans le département des Alpes-Maritimes, qui comprend une partie de la Côte d’Azur.
Les enquêteurs ont saisi des avoirs d’une valeur de près de 1,475 million d’euros (1,71 million de dollars), incluant des liquidités, des véhicules de luxe, des bijoux et d’autres objets de grande valeur, ont indiqué les procureurs.
Les autorités françaises ont déclaré avoir découvert une organisation criminelle de type mafieux soupçonnée d’alimenter un réseau de trafic d’armes ayant des ramifications en Turquie, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en France.
Le groupe est également soupçonné d’être impliqué dans le trafic de drogue et la traite des êtres humains, selon le parquet.
Les dix suspects, tous de nationalité turque, sont accusés d’appartenir à une organisation présumée dirigée par une personne actuellement emprisonnée en Turquie.
Le présumé chef n’a pas été nommé.
Les suspects ont d’abord été placés en garde à vue, puis présentés à un juge d’instruction.
Les dix ont été mis en examen, une étape du système judiciaire français utilisée lorsque les juges estiment qu’il existe des indices graves ou concordants reliant une personne à une infraction.
Neuf des suspects ont été écroués en détention provisoire, tandis qu’un a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, a déclaré le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Les gendarmes français ont saisi trois pistolets, des munitions, 31 000 euros en espèces, quatre véhicules de luxe, des bijoux et plusieurs objets de luxe.
Les enquêteurs ont déclaré avoir documenté le rôle présumé de plusieurs membres de l’organisation dans le transport et la circulation d’armes à feu sur le territoire français.
Des officiers français et belges d’Europol étaient présents lors de l’opération pour aider à relier cette affaire à des enquêtes menées dans d’autres pays européens sur le même réseau criminel.
Ces allégations n’ont pas encore été examinées devant un tribunal.
Cette opération intervient dans un contexte de préoccupation croissante en Europe face aux réseaux criminels transnationaux impliqués dans le trafic d’armes, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et la traite des êtres humains.
Europol a indiqué dans une évaluation de 2024 avoir identifié 821 réseaux criminels parmi les plus menaçants actifs dans ou affectant l’Union européenne, avec plus de 25 000 membres.
L’agence a souligné que ces réseaux sont souvent hautement internationaux, la plupart opérant dans deux à sept pays.
La Turquie a également attiré l’attention dans les évaluations internationales du crime organisé.
L’Indice mondial du crime organisé 2025 a indiqué que la Turquie joue un rôle important dans le commerce illicite d’armes en tant que pays source, de transit et de destination.
L’indice a précisé que les armes provenant de Turquie, y compris les armes à feu à blanc pouvant être converties en armes létales, sont de plus en plus introduites en contrebande en Europe.
Il a également noté que la Turquie reste une plaque tournante majeure du trafic d’êtres humains en raison de sa position géographique et de sa importante population de réfugiés, et que le rôle du pays dans le commerce mondial de la cocaïne a considérablement augmenté.
Les groupes mafieux turcs ont gagné en importance dans le trafic mondial et travaillent avec les cartels latino-américains, selon l’indice.




