La police interroge le père et le fils du maire d’Istanbul emprisonné pour blanchiment d’argent présumé
Le père et le fils du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, actuellement en détention, ont été interrogés mardi par la police dans le cadre d’une enquête élargie sur des accusations de corruption et de blanchiment d’argent.
Selim İmamoğlu et Hasan İmamoğlu ont fait des déclarations au siège de la police d’Istanbul, selon un communiqué du procureur général de la ville.
Les deux hommes ont été accusés de corruption et de blanchiment de capitaux dans le cadre de l’affaire visant le maire d’opposition, arrêté en mars pour des accusations de corruption.
Selim İmamoğlu, propriétaire d’une entreprise de construction en Croatie, a été interrogé sur l’objet et l’origine des transferts d’argent vers son entreprise.
Il a déclaré aux enquêteurs que ces transferts provenaient de l’épargne familiale.
Hasan İmamoğlu a également nié les accusations, affirmant que toutes les transactions entre lui et son petit-fils étaient légitimes et basées sur des fonds familiaux.
Leurs avocats ont souligné que certaines allégations du rapport de l’Agence d’enquête sur les crimes financiers (MASAK) contenaient des erreurs factuelles.
Hasan İmamoğlu est propriétaire d’İmamoğlu Construction, placée sous tutelle de l’État en avril lors d’une enquête sur des pots-de-vin et des marchés truqués visant la municipalité métropolitaine d’Istanbul.
Plus tôt cette année, la police aurait perquisitionné son domicile dans la ville occidentale de Balıkesir dans le cadre de la même enquête.
Le dirigeant du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, Özgür Özel, a condamné ces perquisitions, déclarant : « Ils ont fouillé avec des détecteurs et des bulldozers. Qu’ont-ils trouvé ? Rien. Ils ont complètement perdu la tête. »
Ekrem İmamoğlu, maire élu de la plus grande ville de Turquie et principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan dans une éventuelle course présidentielle, a été arrêté le 23 mars et envoyé à la prison de Marmara à Silivri.
Il nie toutes les accusations de corruption.
Le procureur général d’Istanbul, Akın Gürlek, a qualifié cette affaire d’« enquête pour corruption la plus importante depuis 100 ans ».
Le dirigeant du CHP Özel a également indiqué que le passeport diplomatique de l’épouse d’İmamoğlu, Dilek İmamoğlu, avait été révoqué alors qu’elle s’apprêtait à voyager à l’étranger pour recevoir un prix au nom de son mari.
Il a affirmé que cette décision était politiquement motivée et en a contesté la légalité, soulignant qu’İmamoğlu reste le maire élu et n’a pas été condamné.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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