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La Turquie arrête 132 personnes dans de nouvelles opérations visant des présumés sympathisants du mouvement Gülen

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Par Bosphorama

Publié le

Les autorités turques ont arrêté 132 personnes lors de deux opérations distinctes dans plusieurs provinces, dans la dernière vague d’une répression de plusieurs années contre des membres présumés du mouvement Gülen, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant des déclarations gouvernementales et des médias d’État.

Le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya a déclaré sur X que 81 personnes avaient été interpellées dans 16 provinces lors de raids coordonnés incluant Istanbul, Ankara, Izmir, Diyarbakir et Balikesir. Il a précisé que certains détenus étaient des fonctionnaires. Yerlikaya a affirmé que les suspects avaient été identifiés grâce à du matériel numérique obtenu d’un informateur confidentiel.

Le président Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le religieux musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que des membres de sa famille et de son cercle proche.

Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à persécuter les membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant la répression après un coup d’État avorté en juillet de la même année qu’il a imputé à Gülen. Le mouvement dément fermement toute implication dans cette tentative de putsch ou toute activité terroriste.

Les procureurs affirment que certains suspects faisaient partie de ce que le gouvernement décrit comme un réseau clandestin au sein de la police turque. Les autorités soutiennent que ce groupe organisait des réunions régulières entre des présumés membres du mouvement et des fonctionnaires en poste.

Les enquêteurs prétendent également que les suspects utilisaient ByLock, une application de messagerie cryptée, et figuraient dans les registres d’entreprises que les autorités disent liées au mouvement Gülen.

ByLock, autrefois largement disponible en ligne, est considéré depuis le coup d’État du 15 juillet 2016 comme un outil de communication secret parmi les sympathisants du mouvement, malgré l’absence de preuves liant les messages ByLock à la tentative de putsch.

Ces nouvelles arrestations surviennent malgré un arrêt historique de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme en septembre 2023, statuant que l’utilisation de ByLock ne constitue pas une infraction pénale. La Cour a jugé dans le cas de l’ancien enseignant Yüksel Yalçınkaya que l’usage de ByLock n’était pas en soi répréhensible et ne justifiait pas une arrestation.

Dans une affaire distincte, les autorités ont arrêté 51 suspects. Vingt-trois d’entre eux sont des fonctionnaires, tandis que 28 travaillent dans le privé. Les raids ont eu lieu dans 13 provinces dont Istanbul.

Les procureurs accusent ces suspects d’avoir occupé des postes clés dans ce que les autorités décrivent comme un réseau clandestin du mouvement au sein de la police. Le dossier s’appuierait sur des témoignages, des enregistrements d’appels successifs via des cabines téléphoniques entre présumés membres, et l’utilisation de ByLock.

Les fameuses « enquêtes par cabine téléphonique » se basent sur des historiques d’appels. Les procureurs affirment qu’un membre du mouvement Gülen aurait utilisé une seule cabine pour appeler tous ses contacts successivement. Sur cette base, lorsqu’un présumé membre apparaît dans les relevés, les numéros appelés juste avant ou après sont supposés appartenir à d’autres sympathisants. Les autorités ne disposent pas du contenu des appels. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 encore emprisonnées. Des procédures sont en cours contre 24 000 personnes, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près de dix ans plus tard.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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