La Turquie confirme des plans pour un nouveau quartier général de l’OTAN, nie tout lien avec la guerre en Iran
Le ministère turc de la Défense a confirmé les projets de l’OTAN pour établir un nouveau quartier général multinational dans le pays, affirmant que cette initiative a débuté avant les récentes tensions régionales et n’est pas liée à la guerre en Iran.
Cette déclaration est intervenue lors du point presse hebdomadaire du ministère jeudi, suite aux questions soulevées au parlement par un député d’opposition concernant ce quartier général rapporté.
La question a d’abord attiré l’attention du public plus tôt cette semaine après que le journal Cumhuriyet a rapporté des informations sur le projet de quartier général multinational en Turquie.
Le ministère a indiqué que les travaux sur ce projet ont commencé en 2023 dans le cadre du Plan régional du Sud-Est de l’OTAN et que la Turquie a officiellement notifié l’OTAN de son intention en 2024. Le pays hôte initie et propose le corps dans de tels cas, et l’unité est ensuite intégrée à la structure des forces de l’OTAN une fois approuvée.
Le Plan régional du Sud-Est de l’OTAN fait partie d’une nouvelle génération de plans de défense convenus lors du sommet de Vilnius en 2023, visant à renforcer la dissuasion et la défense sur le flanc est de l’OTAN, avec un accent sur la mer Noire et la Méditerranée.
Le futur quartier général sera commandé par un général turc et fonctionnera comme une structure multinationale de l’OTAN, a déclaré le ministère, ajoutant que la coordination avec les autorités de l’OTAN est en cours et que le processus d’approbation n’est pas encore terminé.
Selon le ministère, le quartier général soutiendra les activités de dissuasion et de défense dans sa zone de responsabilité en assurant l’intégration des forces assignées dans le cadre des plans régionaux de l’OTAN.
Le ministère a affirmé que cette initiative n’est pas liée aux récents développements dans la région.
La question a été portée au parlement par le député du Parti républicain du peuple (CHP) Hasan Öztürkmen, qui a interrogé sur le calendrier de ce plan dans un contexte de tensions accrues impliquant l’Iran, appelant à une plus grande transparence.
Les tensions régionales se sont intensifiées depuis fin février, lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à lancer des frappes conjointes contre l’Iran. Téhéran a répondu par des attaques de représailles ciblant Israël ainsi que des actifs américains dans les pays du Golfe.
Depuis le début de la guerre, trois missiles iraniens se dirigeant vers la Turquie ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne de l’OTAN, soulignant le risque de débordement vers les pays voisins.
La Turquie, membre de l’OTAN depuis 1952, dispose de la deuxième plus grande armée de l’alliance et accueille des installations clés de l’OTAN, dont le Commandement terrestre allié à İzmir. Le pays a également soutenu les opérations de l’OTAN via des bases comme İncirlik et Konya, cette dernière accueillant des avions de surveillance AWACS, tandis qu’un radar de défense antimissile à Kürecik dans la province orientale de Malatya fait partie du système de l’OTAN depuis 2012.
Face à la menace accrue, l’OTAN a renforcé les défenses aériennes de la Turquie. Le ministère de la Défense a annoncé la semaine dernière qu’une nouvelle batterie de missiles Patriot avait été déployée à la base aérienne d’İncirlik en complément du système espagnol existant, tandis que des systèmes Patriot supplémentaires ont également été envoyés dans la région de Malatya près de la base radar de Kürecik après les interceptions précédentes.
Par ailleurs, le ministère a annoncé que les troupes turques déployées en Irak dans le cadre de la mission de l’OTAN ont été retirées.
Il a déclaré que l’OTAN avait décidé de retirer sa mission en Irak en raison des récents développements dans la région et que le personnel des Forces armées turques stationné à Bagdad avait été évacué en toute sécurité.




