Des véhicules militaires américains avancent en convoi pour transférer des détenus du groupe État islamique de la Syrie vers l'Irak, à la périphérie de Qahtaniyah, dans la province du nord-est de Hassaké en Syrie, le 7 février 2026. Le pouvoir judiciaire irakien a annoncé le 2 février avoir ouvert des enquêtes sur plus de 1 300 détenus du groupe État islamique transférés de Syrie dans le cadre d'une opération américaine. (Photo de Delil SOULEIMAN / AFP)
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La Turquie demande l’extradition de suspects de l’EIIL d’Irak après le transfert du prétendu « émir d’Istanbul »

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Par Bosphorama

Publié le

İlyas Aydın, une figure présumée de haut rang de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), connu comme « l’émir d’Istanbul » du groupe, a été transféré d’une prison dans le nord de la Syrie vers l’Irak, a rapporté le site d’information Kısa Dalga, citant des sources.

Aydın, également connu sous le nom de code « Abu Ubayda », fait l’objet d’un mandat d’arrêt international via une notice rouge d’INTERPOL et est accusé d’avoir joué un rôle dans la planification d’attaques majeures en Turquie, notamment un attentat à Suruç qui a coûté la vie à 34 activistes en 2015.

Les autorités turques ont demandé son arrestation dans le cadre de plusieurs enquêtes, y compris le procès principal contre l’EIIL et une attaque contre un poste de police dans le district de Balçova à İzmir, qui a entraîné la mort de deux policiers en septembre 2025.

Des sources diplomatiques affirment qu’Ankara intensifie ses efforts pour obtenir l’extradition de ressortissants turcs détenus en Irak pour des charges liées à l’EIIL après leur interrogatoire par les autorités irakiennes.

En vertu d’un accord d’extradition existant entre la Turquie et l’Irak, Ankara peut formellement demander le retour de ses citoyens pour qu’ils soient jugés.

Le transfert d’Aydın s’inscrit dans un processus plus large de relocalisation qui a débuté le 21 janvier et s’est achevé le 12 février, après que le gouvernement syrien a lancé une opération militaire visant à reprendre le contrôle du nord-est de la Syrie aux Forces démocratiques syriennes (FDS).

Au total, 5 700 détenus de l’EIIL ont été transférés vers des prisons en Irak, dont 166 citoyens turcs, selon les chiffres disponibles.

Aydın, né à Istanbul en 1989, a été capturé à Deir ez-Zor par des forces dirigées par les Kurdes lors de l’effondrement du contrôle territorial de l’EIIL et détenu dans le nord de la Syrie.

L’EIIL s’est emparé de vastes territoires en Irak et en Syrie en 2014, perpétrant des massacres et enlevant des femmes et des filles. L’Irak a déclaré sa victoire sur le groupe en 2017 avec l’aide de la coalition dirigée par les États-Unis. Les FDS ont ensuite capturé le dernier bastion territorial du groupe en Syrie en 2019 et ont procédé à la détention de milliers de combattants présumés ainsi que de dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.

Dans des déclarations antérieures suivant sa capture en 2019, Aydın a fait des révélations concernant l’attentat du 10 octobre 2015 à la gare d’Ankara, le plus grand attentat terroriste de l’histoire de la Turquie, qui a fait plus de 100 morts, ainsi que l’attentat de Suruç.

Des sources sécuritaires affirment qu’Aydın supervisait le réseau turc de l’EIIL, coordonnait les cellules en Turquie et la direction du groupe en Syrie, et jouait un rôle dans le recrutement et la radicalisation.

Les familles de plusieurs autres fugitifs soupçonnés d’être liés à l’attentat d’Ankara en 2015, dont Deniz Büyükçelebi et Edremit Türe, ont intenté des procédures en Turquie pour obtenir des déclarations de décès présumé.

Les tribunaux ont rejeté ces demandes, invoquant leur maintien sur la liste des personnes recherchées pour des charges de terrorisme et l’absence de renseignements confirmés indiquant leur décès.

Des décisions similaires ont été rendues dans le cas d’Oğuzhan Gözlemecioğlu, qui était prétendument connu au sein de l’EIIL comme « l’émir de Tal Afer » en Irak.

Les autorités turques recherchent également 98 suspects de l’EIIL, dont İlhami Balı, accusé d’avoir ordonné des attaques à Diyarbakır, Suruç et Ankara qui ont fait au total 142 morts.

Selon des évaluations sécuritaires, certains détenus de l’EIIL dissimulaient auparavant leur nationalité pendant leur détention en Syrie, suivant apparemment des consignes internes du groupe. Des individus parlant couramment l’arabe ou le persan se déclaraient syriens ou iraniens, tandis que d’autres affirmaient être afghans.

À Bagdad, les interrogatoires sont menés dans le cadre de la loi irakienne contre le terrorisme. Un avocat irakien spécialisé dans les affaires de terrorisme a déclaré que les suspects condamnés en vertu de cette loi risquaient la peine de mort, principale sentence pour les infractions liées à l’EIIL. Il a ajouté que les procédures étaient confidentielles et qu’il était difficile d’obtenir des informations auprès des tribunaux irakiens.

L’ambassadeur de Turquie en Irak, Anıl Bora Erdin, a déclaré lors d’une table ronde à Bagdad ce week-end qu’Ankara et Bagdad étaient parvenus à un accord sur l’extradition des prisonniers turcs de l’EIIL.

Selon des médias irakiens citant l’ambassadeur, plus de 180 ressortissants turcs sont actuellement détenus dans des prisons irakiennes pour des charges liées à l’EIIL, et une réunion est prévue à Bagdad le mois prochain pour finaliser le mécanisme de leur retour.

Il n’est pas clair si les propos d’Erdin concernaient des détenus récemment transférés du nord de la Syrie ou des femmes et enfants turcs précédemment détenus dans des établissements comme la prison de Rusafa à Bagdad.

Des sources diplomatiques affirment que les procédures judiciaires irakiennes pourraient prendre du temps, mais qu’Ankara est déterminée à ramener les suspects turcs de l’EIIL pour qu’ils soient jugés dans leur pays. Certaines figures importantes pourraient être rapatriées sans annonce préalable, ont ajouté les sources.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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