La Turquie et sept pays à majorité musulmane tiennent Israël pour responsable des incendies criminels de mosquées en Cisjordanie
Les points importants
- Responsabilité israélienne : La Turquie et sept pays musulmans tiennent Israël, en tant que puissance occupante, responsable des incendies de mosquées.
- Violences des colons : L’ONU recense plus de mille attaques de colons ayant causé des victimes ou des dégâts matériels depuis le début 2026.
- Mosquées ciblées : Deux lieux de culte dans les villages de Jiljiliya et Mazari an-Nubani ont été incendiés à l’aide de cocktails Molotov.
La Turquie et sept autres pays à majorité musulmane ont tenu Israël pour responsable, jeudi, des incendies criminels perpétrés contre deux mosquées en Cisjordanie occupée, dans un contexte de recrudescence des violences des colons contre les Palestiniens.
Les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, de l’Indonésie, du Pakistan et de l’Égypte ont condamné ce qu’ils ont qualifié de « violences des colons, continues et croissantes, contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée ».
« Les ministres tiennent Israël, en tant que puissance occupante, pour responsable de ces attaques », ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint.
Ce communiqué fait suite aux attaques survenues tôt mercredi contre des mosquées à Jiljiliya et Mazari an-Nubani, deux villages palestiniens au nord de Ramallah.
Des responsables palestiniens locaux ont accusé des colons israéliens d’avoir provoqué les incendies. L’armée israélienne a confirmé que deux mosquées avaient été brûlées et que des graffitis avaient été tagués sur leurs murs, sans identifier les responsables.
« Les forces ont fouillé la zone à la recherche de suspects et ont localisé deux mosquées brûlées ainsi que des graffitis sur les murs », a déclaré l’armée. « Les suspects s’étaient enfuis avant l’arrivée des forces. »
Osama Abdullah, chef du conseil du village de Jiljiliya, a affirmé que des colons avaient mis le feu à une salle d’ablutions, endommagé la mosquée principale du village et inscrit des slogans hostiles en hébreu sur ses murs extérieurs.
Des journalistes de l’AFP qui se sont rendus sur place ont constaté des traces de fumée et des dégâts causés par le feu au plafond, aux murs et au sol. Les graffitis faisaient notamment référence à la « Hilltop Youth », un mouvement informel de colons lié à des attaques contre des Palestiniens et à des tentatives d’implantation de colonies sauvages.
Abdullah a précisé que les assaillants étaient arrivés entre 2 h et 3 h, mais n’avaient pas pu pénétrer dans la mosquée car la porte était verrouillée. Ils ont alors incendié la zone des ablutions située à l’étage inférieur, avant que les habitants et les équipes de la protection civile palestinienne n’éteignent les flammes.
Saad Dagher, chef du conseil de Mazari an-Nubani, a indiqué que les assaillants avaient visé une autre mosquée vers 3 h avec des cocktails Molotov. Les habitants ont éteint cet incendie.
Le ministère des Affaires religieuses de l’Autorité palestinienne a condamné ces attaques et appelé à une intervention internationale.
Ces incendies surviennent alors que les Nations unies décrivent un niveau record de violences des colons en Cisjordanie.
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a indiqué que plus de 1 000 attaques de colons avaient causé des victimes ou des dégâts matériels dans plus de 230 communautés palestiniennes depuis le début de l’année 2026. Plus de 2 200 Palestiniens ont été déplacés cette année en raison des attaques des colons et des restrictions d’accès à leurs terres, selon l’agence onusienne.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré que les violences des colons atteignaient en moyenne six attaques par jour et a mis en garde contre l’expansion des colonies, la confiscation des terres et le déplacement des Palestiniens à des niveaux jamais vus depuis l’occupation de la Cisjordanie par Israël en 1967.
Plus de 500 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, sans compter Jérusalem-Est annexée, aux côtés d’environ 3 millions de Palestiniens.
Les Nations unies et la plupart des gouvernements considèrent les colonies israéliennes dans le territoire occupé comme illégales au regard du droit international.
© Agence France-Presse




