La Turquie ordonne aux municipalités de retirer les chiens errants avant le sommet de l’OTAN
Les points importants
- Ordre policier : La police d'Ankara exige le retrait des chiens errants avant le sommet de l'OTAN.
- Mesure controversée : Une loi de 2024, validée par la Cour constitutionnelle, élargit les pouvoirs des municipalités en la matière.
- Critiques des défenseurs des animaux : Ils dénoncent une politique de confinement massif au détriment de la stérilisation et de l'adoption.
La police d’Ankara a ordonné aux municipalités de la capitale turque de rassembler les chiens errants avant le sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet, selon une lettre officielle demandant des mesures pour éviter les perturbations durant le rassemblement.
La direction de la police d’Ankara a envoyé la lettre à la Direction générale de la conservation de la nature et des parcs nationaux, à la municipalité métropolitaine d’Ankara ainsi qu’à plusieurs municipalités de district, en amont du 36e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN.
Le document demande aux autorités locales de retirer les chiens errants des itinéraires empruntés par les délégations du sommet, ainsi que des abords des lieux de réunion, des aéroports et des hôtels où séjourneront les participants.
Selon la lettre, les animaux doivent être rassemblés avant le sommet de manière à ne pas perturber les activités liées à l’événement. La police a également demandé aux municipalités d’affecter du personnel sur le terrain pendant la durée du sommet et de communiquer les noms des agents désignés à sa direction de coordination des branches avant le 20 juin.
La lettre a été envoyée aux municipalités d’Akyurt, Çubuk, Pursaklar, Keçiören, Altındağ, Çankaya, Yenimahalle et Etimesgut, en plus de la municipalité métropolitaine d’Ankara.
En 2024, la Turquie a adopté une loi controversée élargissant les pouvoirs des municipalités pour retirer les chiens errants des rues et les placer dans des refuges. Les groupes de défense des droits des animaux et les politiciens de l’opposition ont critiqué cette législation, avertissant qu’elle pourrait conduire au confinement massif ou à l’abattage des animaux, tandis que le gouvernement a affirmé que la mesure était nécessaire pour répondre aux préoccupations de sécurité et améliorer le contrôle de la population de chiens errants.
Le ministre de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi, a fermement soutenu ces efforts, déclarant que le problème des chiens errants serait entièrement résolu à l’échelle nationale d’ici la fin de l’année.
Il a souligné qu’il n’y aurait « no concessions » sur cette question et que les efforts de collecte seraient accélérés pour atteindre 100 % à travers le pays. Çiftçi, qui avait déjà réussi à débarrasser Erzurum, l’une des plus grandes villes de Turquie, des chiens errants lorsqu’il en était gouverneur, a présenté cette politique comme servant à la fois la sécurité publique et le bien-être animal en déplaçant les chiens vers des refuges ou des zones de vie naturelles désignées.
Le Parti républicain du peuple (CHP) a saisi la Cour constitutionnelle en août 2024 pour demander l’annulation de la plupart des dispositions de la loi, arguant qu’elle violait le droit à la vie et contredisait les accords internationaux. Mais la cour a rejeté le recours en mai 2025, laissant la loi en vigueur.
Le gouvernement affirme que la loi est nécessaire pour répondre aux préoccupations de sécurité publique, notamment après des signalements d’attaques de chiens, d’accidents de la circulation et de risques de rage.
Les défenseurs des droits des animaux estiment cependant que les autorités devraient se concentrer sur la stérilisation de masse, la vaccination, l’adoption et des services municipaux renforcés, plutôt que sur des campagnes de collecte à grande échelle qui pourraient laisser les animaux confinés dans des refuges surpeuplés ou mal surveillés.




