La Turquie signe un accord d’approvisionnement en GNL sur 20 ans avec Mercuria via BOTAŞ
Le gestionnaire public turc des pipelines BOTAŞ a conclu un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) sur 20 ans avec le négociant énergétique genevois Mercuria, l’un des principaux groupes indépendants mondiaux dans le secteur, couvrant l’équivalent d’environ 70 milliards de mètres cubes de gaz, a déclaré Mercuria sur son site.
L’accord a été signé à New York mardi lors de la visite du président Recep Tayyip Erdoğan à l’Assemblée générale des Nations unies, en présence du ministre de l’Énergie Alparslan Bayraktar, du PDG de BOTAŞ Abdulvahit Fidan et du président-fondateur de Mercuria Daniel Jaeggi. Les livraisons débuteront en 2026 pour s’achever fin 2045.
Cumhurbaşkanımız Sayın @RTErdogan ile ABD Başkanı Sayın Donald Trump’ın Beyaz Saray görüşmesinde gündeme gelecek konulardan biri olacak doğal gaz ticaretinde önemli bir adım daha attık.
Millî şirketimiz BOTAŞ ile dünyanın önde gelen enerji gruplarından Mercuria arasında 20 yıla… pic.twitter.com/PkSmqNtWYR
— Alparslan Bayraktar (@aBayraktar1) September 24, 2025
Selon les termes du contrat, BOTAŞ recevra annuellement l’équivalent de 4 milliards de m³ de GNL, principalement en hiver. Les cargaisons proviendront des terminaux américains en mode FOB (où l’acheteur organise le transport) et des usines de regazéification en Turquie, Europe et Afrique du Nord en mode DES (livraison au port de destination).
Bayraktar a souligné que cet accord consolidera la position de BOTAŞ sur le marché mondial du GNL tout en renforçant la sécurité énergétique, la stabilité des prix et la diversification des approvisionnements de la Turquie. Il contribuera également à l’objectif d’Ankara de porter le volume d’échanges commerciaux avec les États-Unis à 100 milliards de dollars.
Ce contrat de 70 milliards de m³ illustre l’accélération de la transition turque vers le GNL. Selon les données officielles, le GNL représentait 32% des importations gazières turques au premier semestre 2025 (contre 28% un an plus tôt), avec 9,47 milliards de m³ importés.
Début septembre, BOTAŞ avait déjà signé pour plus de 15 milliards de m³ d’approvisionnements avec Shell, BP et Eni lors du forum Gastech 2025 à Milan.
La Turquie, fortement dépendante des importations énergétiques, affichait en juillet un déficit énergétique annuel de 49,2 milliards de dollars pour des importations totales de 64,9 milliards. Les analystes estiment que ces contrats à long terme sont cruciaux pour réduire le déficit courant.
Selon des sources sectorielles, ces accords coïncident avec l’échéance en 2026 des contrats « take-or-pay » avec la Russie et l’Iran, révélant la part croissante des États-Unis dans les importations turques et la recherche européenne d’alternatives au gaz russe.
La valeur totale du contrat avec Mercuria est estimée à plus de 43 milliards de dollars sur 20 ans, avec des achats annuels d’environ 2,1 milliards.
L’expert des marchés énergétiques Ali Arif Aktürk a mis en garde sur X que ce contrat – probablement indexé sur le prix de référence Henry Hub américain – exposera BOTAŞ à des risques de change et de volatilité des prix.
Pour les atténuer, l’entreprise doit selon lui renforcer ses capacités organisationnelles en recrutant des experts et en développant des structures dédiées (trésorerie, trading, back-office).
Tenter de gérer ces opérations sans cette infrastructure serait « suicidaire », a-t-il affirmé, recommandant la création d’une filiale spécialisée (« BOTAŞ Trading »).
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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