(De g. à d.) Le président panaméen Jose Raul Mulino, le président bolivien Rodrigo Paz, le président du Conseil européen Antonio Costa, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président paraguayen Santiago Pena, le président argentin Javier Milei, le président uruguayen Yamandu Orsi et le ministre brésilien des Affaires étrangères Mauro Vieira posent pour la photo officielle tandis que le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique Maros Sefcovic (à g., à l'arrière) applaudit, à l'issue de la cérémonie de signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur, au Gran Teatro Jose Asuncion Flores de la Banque centrale du Paraguay à Asunción, le 17 janvier 2026. Le bloc sud-américain Mercosur et l'Union européenne ont signé le 17 janvier un important accord commercial aboutissant après 25 ans de négociations. (Photo de Luis ROBAYO / AFP)
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L’accord commercial UE-Mercosur pourrait pénaliser la Turquie sur le marché européen

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Par Bosphorama

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L’Union européenne et le bloc commercial sud-américain Mercosur ont signé un accord de libre-échange longuement négocié à Asunción, au Paraguay, le 17 janvier 2026, une initiative qui pourrait accroître la pression concurrentielle sur les exportateurs turcs sur le marché européen, rapporte l’édition turque de Deutsche Welle.

L’accord relie les 27 États membres de l’UE aux membres du Mercosur que sont l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, formant ainsi l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, couvrant plus de 700 millions de personnes. Les responsables européens affirment que l’accord supprimera les droits de douane sur plus de 90 % des marchandises échangées entre les deux blocs.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa ont assisté à la cérémonie à Asunción aux côtés du président argentin Javier Milei, du président paraguayen Santiago Peña et du président uruguayen Yamandú Orsi. Le Brésil était représenté par son ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira.

L’accord doit encore être approuvé par le Parlement européen et ratifié par les parlements nationaux, un processus qui devrait prendre plusieurs années.

Pourquoi la Turquie est concernée

La Turquie est directement affectée par les accords de libre-échange de l’UE en raison de son union douanière avec l’UE, en vigueur depuis 1996. Cet arrangement supprime les droits de douane sur les produits industriels entre la Turquie et l’UE et oblige la Turquie à s’aligner sur le tarif extérieur commun de l’UE.

Cela signifie que lorsque l’UE ouvre des pans de son marché à des pays tiers via des accords commerciaux, la Turquie peut faire face à une nouvelle concurrence sur le marché européen sans pouvoir influencer les négociations ni obtenir le même accès pour ses propres exportations.

L’union douanière de la Turquie ne couvre pas l’agriculture, les services ou les marchés publics, ce que les experts décrivent souvent comme une structure déséquilibrée.

Avec le nouvel accord UE-Mercosur, les exportateurs du Mercosur devraient bénéficier d’un meilleur accès au marché européen, notamment dans le secteur agricole. La Turquie, quant à elle, continuera de faire face à des droits de douane et autres barrières pour vendre sur les marchés du Mercosur, à moins de conclure un accord séparé avec le bloc.

Ayhan Zeytinoğlu, président de la Chambre d’industrie de Kocaeli et de la Fondation pour le développement économique, a déclaré à DW que le déséquilibre entre le réseau commercial de l’UE et celui de la Turquie est devenu plus visible avec le temps.

« L’UE compte près de 80 accords de libre-échange, tandis que la Turquie n’en a que 24 en vigueur », a-t-il déclaré, ajoutant que les entreprises européennes bénéficieront d’un accès sans entrave aux marchés du Mercosur alors que la Turquie n’aura pas les mêmes droits.

Secteurs sous pression

L’UE représente environ 41 % des exportations totales de la Turquie, ce qui rend les changements de conditions de marché particulièrement importants pour les industriels turcs.

Des analystes ont déclaré à DW que les entreprises turques pourraient faire face à une concurrence accrue dans des secteurs tels que le textile, les produits chimiques, les produits alimentaires, le verre, le ciment et les biens de consommation durables, alors que les producteurs du Mercosur bénéficieront de conditions plus favorables dans l’UE.

Zeytinoğlu a souligné que l’agriculture est particulièrement vulnérable car les grands producteurs comme le Brésil et l’Argentine pourraient concurrencer les exportateurs turcs une fois leurs produits entrés sur le marché européen à des conditions préférentielles. Les pays du Mercosur sont d’importants fournisseurs mondiaux de soja et de bœuf, des produits longtemps politiquement sensibles dans certaines régions d’Europe en raison des inquiétudes des agriculteurs.

L’impact ne devrait pas être immédiat, mais Zeytinoğlu a déclaré que la pression concurrentielle pourrait s’intensifier à moyen terme avec la réduction des droits de douane et les nouveaux quotas qui recomposeront les chaînes d’approvisionnement.

Appels à une réponse politique

Kader Sevinç, présidente du cabinet de conseil stratégique Forward 1919 basé à Bruxelles, a déclaré à DW Turkish que les grands mouvements commerciaux de l’UE ont des implications directes pour la Turquie en raison de l’union douanière.

« Cet accord est un enjeu stratégique en termes de concurrence industrielle, d’accès aux marchés et de positionnement géopolitique », a-t-elle déclaré. « Il est temps d’adopter une vision proactive. »

Zeytinoğlu a estimé que la solution la plus durable pour la Turquie serait une mise à jour de l’union douanière, affirmant qu’Ankara devrait rechercher un cadre reflétant mieux les réalités commerciales actuelles.

Alors que les négociateurs de l’UE et du Mercosur ont travaillé plus de 25 ans pour parvenir à cet accord, la Turquie considère désormais la modernisation de l’union douanière comme une priorité commerciale absolue.

Contexte

L’union douanière, entrée en vigueur en 1996, était conçue comme une étape transitoire vers l’adhésion pleine et entière de la Turquie à l’UE. Mais les négociations d’adhésion sont au point mort depuis des années, laissant le cadre commercial en place bien plus longtemps que prévu initialement.

Le président Recep Tayyip Erdoğan a soulevé la question de la mise à jour de l’union douanière lors de la visite de von der Leyen à Ankara le 17 décembre 2024. Les négociations formelles n’ont pas encore commencé.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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