L’AKP rejette la demande du commandant kurde syrien de visiter Öcalan et exige que les FDS déposent les armes
Un haut responsable du parti au pouvoir en Turquie a rejeté mercredi la demande du commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis, de rendre visite à Abdullah Öcalan, le leader emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan interdit, affirmant que le groupe doit d’abord abandonner les armes et cesser de constituer une menace pour la sécurité du pays.
Ces déclarations proviennent d’Ömer Çelik, porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan, après que Mazlum Abdi, le commandant en chef des FDS, a exprimé son souhait de dialoguer directement avec Öcalan sur l’île-prison d’İmralı.
En temps normal, les déclarations du porte-parole de l’AKP ne refléteraient que la position du parti au pouvoir plutôt que la politique de l’État turc. Cependant, au cours de la dernière décennie, la frontière entre les ministres d’Erdoğan et les responsables du parti s’est estompée, rendant cette distinction moins pertinente dans les faits.
Abdi dirige la milice à majorité kurde qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie et collabore étroitement avec l’armée américaine dans la lutte contre le groupe État islamique.
La Turquie, quant à elle, considère les FDS comme la branche syrienne du PKK, un groupe armé qui combat l’État turc depuis les années 1980 et est classé comme « organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Dans une interview cette semaine, Abdi a déclaré que les FDS maintiennent des canaux de communication informels avec la Turquie et souhaitent les renforcer et les formaliser. Il a souligné que plusieurs litiges, notamment l’avenir des combattants kurdes et le contrôle des zones pétrolifères, nécessitent un dialogue politique impliquant Öcalan en raison de son influence historique sur les mouvements kurdes.
Çelik a rejeté l’idée d’une quelconque visite et affirmé que le parti au pouvoir se concentre sur « les actes, pas les discours », ajoutant qu’Ankara attend des mesures concrètes des FDS si le groupe prétend ne pas chercher le conflit avec la Turquie.
Il a déclaré que le gouvernement estime que les FDS doivent déposer les armes dans le cadre de tout futur arrangement et insisté sur le fait que les préoccupations sécuritaires de la Turquie « ne sont pas négociables et ne souffrent aucun retard ».
Abdi avait plaidé que des discussions structurées impliquant les groupes kurdes, Damas et Ankara pourraient contribuer à stabiliser la région nord-est, mais les responsables turcs affirment qu’ils n’accepteront aucune force armée liée au PKK à leur frontière.
Cet échange intervient après que des députés de trois partis turcs ont rendu visite à Öcalan sur l’île d’İmralı cette semaine pour la première fois depuis des années, dans le cadre d’une nouvelle initiative visant à mettre fin au conflit du pays avec le PKK.
Les autorités d’Ankara affirment que les groupes armés liés aux FDS sont inclus dans l’appel de la Turquie à déposer les armes, estimant que les FDS sont liées au PKK et doivent également se dissoudre pour que le processus avance.




