Le chanteur turc Mabel Matiz visé par une nouvelle enquête pour obscénité sur une chanson et son clip
Les points importants
- Nouvelle enquête : Le parquet d’Istanbul a ouvert une enquête pour obscénité contre Mabel Matiz pour sa chanson « Ha Leylim ».
- Acquittement récent : Trois mois après avoir été acquitté dans une affaire similaire, Matiz est de nouveau visé.
- Contexte : Le chanteur ouvertement gay, icône de la pop turque, rejette les accusations et invoque la tradition littéraire.
Les procureurs turcs ont ouvert une enquête pour obscénité contre le chanteur et auteur-compositeur pop Mabel Matiz, en raison des paroles et du clip vidéo de l’une de ses chansons, trois mois après son acquittement pour les mêmes faits dans une affaire distincte, a rapporté jeudi le site d’information T24.
Le parquet général d’Istanbul a ouvert l’enquête sur « Ha Leylim » (Ô mon bien-aimé) de Matiz, 40 ans, de son vrai nom Fatih Karaca, pour suspicion de violation de l’article 226 du code pénal turc.
« Le clip vidéo de la chanson “Ha Leylim”, interprétée par le chanteur connu du public sous le nom de Mabel Matiz et publiée sur les plateformes numériques, a été évalué, avec ses paroles et ses images, comme pouvant relever de l’infraction d’obscénité », a déclaré le parquet dans un communiqué.
Le parquet a précisé avoir ouvert l’enquête d’office afin d’établir les faits et de mener les procédures d’investigation nécessaires.
Aucun autre détail sur le contenu prétendument obscène ou sur le stade de l’enquête n’a été fourni.
Cette enquête intervient après qu’un tribunal d’Istanbul a acquitté Matiz le 8 mai des accusations d’obscénité liées aux paroles de sa chanson « Perperişan » (Dévasté), estimant que les éléments juridiques de l’infraction présumée n’étaient pas établis.
Matiz avait été jugé devant le 54e tribunal correctionnel d’Istanbul pour publication de contenu obscène, une infraction passible de six mois à trois ans de prison en vertu de l’article 226.
Les procureurs affirmaient que les paroles contenaient des descriptions obscènes et avaient été mises à disposition sur des plateformes numériques accessibles aux enfants. Lors d’une audience précédente, le procureur avait allégué que la chanson incluait des « métaphores corporelles et émotionnelles » à connotation sexuelle et avait requis une peine pouvant aller jusqu’à trois ans.
L’affaire avait été ouverte après que le ministère de l’Intérieur a déposé une plainte pénale, tandis que le ministère de la Famille et des Services sociaux demandait des restrictions d’accès à la chanson, l’accusant de porter atteinte aux bonnes mœurs.
Un tribunal a ensuite bloqué l’accès au titre sur YouTube, Spotify et Apple Music, bien que les plateformes ne l’aient pas entièrement supprimé.
Matiz, ouvertement gay et bénéficiant d’un large public dans la scène pop turque depuis le début des années 2010, a nié les accusations. Il a déclaré que sa chanson s’inscrit dans la tradition de la littérature populaire turque, utilisant des métaphores pour raconter une histoire d’amour.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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