Le CHP affirme que les membres du conseil intérimaire ne seront pas autorisés à entrer dans le siège d’İstanbul
Un haut responsable du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, a averti que Gürsel Tekin, une figure historique du parti ayant accepté de siéger au conseil intérimaire nommé par la justice pour superviser sa branche stambouliote, ne serait pas autorisé à pénétrer dans le siège provincial.
S’exprimant sur Halk TV jeudi, Ali Mahir Başarır, vice-président adjoint du groupe parlementaire, a affirmé que Tekin avait « honteusement accepté » ce rôle intérimaire et prétendait vouloir entrer dans les bureaux d’İstanbul lundi. « Qu’il n’y songe même pas. L’endroit où il peut se rendre désormais, c’est le siège du [Parti de la justice et du développement] AKP, pas celui du CHP », a-t-il averti, accusant Tekin de rallier le parti au pouvoir du président Recep Tayyip Erdoğan.
Başarır a également déclaré que tout membre du parti collaborant avec ce qu’il qualifie de « coup politique » serait exclu. « Nous nous battons pour la loi et la démocratie au nom de 86 millions de personnes. Quiconque accepte de participer à ces décisions intérimaires n’a pas sa place dans ce parti », a-t-il ajouté.
Ces remarques interviennent après que le 45e tribunal civil de première instance a annulé cette semaine le congrès provincial d’octobre 2023 du CHP, incluant un vote interne pour élire les dirigeants locaux. Le tribunal a destitué le président provincial Özgür Çelik et son équipe, suspendu près de 200 délégués locaux et gelé le processus électoral interne en cours dans la plus grande ville de Turquie.
À leur place, les juges ont nommé un groupe intérimaire de cinq personnes dirigé par Tekin, vétéran du parti ayant notamment été secrétaire général sous l’ancien président Kemal Kılıçdaroğlu. Tekin a déclaré être surpris par cette nomination mais s’est engagé à « mener le parti vers un congrès dans l’unité » et à « le libérer des couloirs des tribunaux ».
Parallèlement, le 42e tribunal civil d’Ankara, saisi d’une requête visant à annuler le congrès national de 2023 du CHP — où l’actuel président Özgür Özel a été élu, mettant fin au long mandat de Kılıçdaroğlu — ainsi que son congrès extraordinaire de 2025, a demandé les dossiers des affaires concernant le vote provincial contesté aux tribunaux stambouliotes compétents. Cette demande précède une audience fixée au 15 septembre à Ankara, suggérant que la décision intérimaire pourrait influencer l’examen juridique plus large des scrutins internes du parti.
Le 72e tribunal pénal d’İstanbul a récemment accepté un acte d’accusation contre 10 responsables du CHP — dont Çelik et deux maires d’arrondissement — réclamant jusqu’à trois ans de prison pour irrégularités présumées lors du même congrès provincial de 2023, fixant le premier procès à janvier 2026.
Fondé par le premier dirigeant de la République, Mustafa Kemal Atatürk, le CHP est le plus ancien parti politique de Turquie et le principal rival de l’AKP au pouvoir. Sa branche stambouliote, considérée comme la plus importante organisation provinciale, représente un enjeu crucial : la mégapole de 16 millions d’habitants est non seulement le moteur économique du pays, mais aussi le fief politique du maire emprisonné Ekrem İmamoğlu, principal adversaire d’Erdoğan.
Les analystes estiment que ces procédures ont des implications politiques majeures. İmamoğlu avait ouvertement soutenu Özel lors de la course à la direction, et les critiques y voient une tentative d’affaiblir sa faction. Kılıçdaroğlu, battu lors de ce scrutin, n’exclut pas un retour si les tribunaux annulent le congrès. Les médias pro-gouvernementaux et Erdoğan lui-même ont contesté la légitimité des élections internes de l’opposition.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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