Vue du parc national historique de Göreme dans la région de Cappadoce, en Turquie centrale, photographié le 23 août 2022. (Photo par Omar Haj Kadour / AFP)
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Le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, pousse une loi controversée autorisant la construction d’hôtels dans les parcs nationaux

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Par Bosphorama

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Le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, a fait avancer un projet de loi controversé qui autoriserait la construction d’hôtels et de complexes touristiques dans les parcs nationaux, suscitant des critiques de la part des députés d’opposition et des défenseurs de l’environnement, selon le site d’information Gazete Oksijen jeudi.

Ce texte de 30 articles, intitulé « Amendements à la loi sur les parcs nationaux, certaines autres lois et le décret-loi n° 375 », a été approuvé cette semaine par une commission parlementaire avec le soutien des députés de l’AKP.

S’il est adopté, cette loi autoriserait la Direction générale de la conservation de la nature et des parcs nationaux (DKMP) à permettre des installations touristiques dans des zones jugées « d’intérêt public ». Le texte accorderait des droits d’exploitation à des entreprises privées et à des particuliers pour une durée maximale de 49 ans, prolongeable à 99 ans pour les opérateurs « performants ».

La proposition donne également à la direction le pouvoir de saisir, démolir ou réaffecter toute construction illégale ou non autorisée dans les zones protégées sans approbation judiciaire.

Selon le projet de loi, les particuliers et les entreprises pourraient obtenir des permis payants pour construire des infrastructures de transport, d’énergie, d’eau et autres dans les parcs nationaux et naturels, à condition que les projets soient conformes aux plans d’aménagement et environnementaux approuvés.

Le texte modifie également les règles de chasse et de gestion de la faune, permettant à la direction d’émettre des permis de chasse et d’imposer des amendes ou des peines de prison pour le braconnage.

La proposition a suscité une opposition immédiate de la part des députés d’opposition et des écologistes, qui affirment qu’elle ouvrirait la porte à des projets commerciaux à grande échelle dans les zones protégées et affaiblirait les garanties environnementales sous couvert de développement touristique.

Hikmet Öztürk, consultant en foresterie et développement rural à la Fondation turque de lutte contre l’érosion des sols (TEMA), a averti que le projet de loi cherche non seulement à harmoniser les réglementations existantes, mais introduit également de nombreuses nouvelles dispositions susceptibles d’affaiblir la protection des zones naturelles.

Selon lui, le texte redéfinit les responsabilités de la DKMP dans le cadre de plusieurs lois existantes. « Si certaines de ces révisions sont nécessaires, d’autres risquent de compromettre la conservation de la nature », a déclaré Öztürk. Soutenant que le cadre proposé traite les zones protégées comme des terrains ordinaires plutôt que comme des actifs écologiques à préserver, il a ajouté : « L’intérêt public véritable réside dans la protection de ces terres, pas dans leur exploitation. »

Plus tôt cette semaine, Orhan Sarıbal, député du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, a également averti que le projet de loi « est rempli de dispositions dangereuses », accusant l’AKP de préparer le terrain pour l’exploitation des terres protégées. Lors d’une conférence de presse au parlement, Sarıbal a déclaré que la proposition réduisait les pouvoirs du ministère de l’Agriculture et des Forêts tout en élargissant ceux de la DKMP.

« Ce projet de loi est essentiellement une amnistie pour les braconniers et une loi de pillage pour les parcs nationaux », a-t-il déclaré, avertissant que les modifications pourraient permettre la construction d’hôtels, de spas et d’autres complexes touristiques « sous prétexte d’utilisation d’eaux thermales », ouvrant ainsi des zones écologiquement sensibles aux investisseurs.

La Turquie compte actuellement 50 parcs nationaux, 274 parcs naturels, 111 monuments naturels, 32 zones de conservation de la nature, 136 zones humides et 85 zones de développement de la faune, qui attirent collectivement près de 70 millions de visiteurs par an.

Les groupes écologistes dénoncent depuis longtemps ce qu’ils décrivent comme une application insuffisante des lois de protection face à l’expansion des projets touristiques et de construction dans les zones protégées. Des installations fonctionnant dans des zones où la construction est officiellement interdite ont été signalées, comme l’hôtel en bord de lac du parc national de Şavşat Karagöl dans la province nord-orientale d’Artvin.

Les grands parcs publics connus sous le nom de « jardins de la nation » figuraient parmi les principales promesses électorales du président Recep Tayyip Erdoğan en 2018, lorsqu’il s’est engagé à transformer d’anciennes zones militaires et des terres publiques en espaces verts à travers le pays. Cette initiative a suscité des moqueries de la part des critiques, qui ont accusé Erdoğan de chercher à gagner le soutien des électeurs avec des gestes symboliques comme servir du thé et des gâteaux gratuits plutôt que de s’attaquer aux défis sociaux et économiques plus profonds.

Le gouvernement d’Erdoğan continue de promouvoir une croissance axée sur le tourisme dans le cadre de sa stratégie économique, entrant souvent en conflit avec les groupes écologistes qui accusent Ankara de privilégier les investissements et la construction par rapport à la conservation.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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