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Le parti pro-kurde de Turquie appelle à la fin du siège de Kobané alors que la police disperse une manifestation à Istanbul

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Par Bosphorama

Publié le

Le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM), pro-kurde, a appelé samedi à mettre fin immédiatement à ce qu’il qualifie de siège militaire et humanitaire de Kobané, une ville à majorité kurde dans le nord de la Syrie, mettant en garde contre une « tragédie humanitaire » après une semaine d’opérations militaires syriennes dans la région.

Le DEM a déclaré que la situation à Kobané, également connue sous le nom d’Aïn al-Arab, s’était transformée en une « catastrophe mortelle » après qu’une délégation du parti se soit rendue dans le nord-est de la Syrie. La ville est bordée par la Turquie au nord et encerclée par les forces gouvernementales syriennes.

« Le siège militaire et humanitaire de Kobané doit être levé dès que possible », a déclaré la coprésidente du DEM, Tülay Hatimoğulları, lors d’une conférence de presse.

Hatimoğulları a indiqué que les habitants des villages environnants avaient fui vers Kobané alors que l’offensive syrienne progressait et se trouvaient désormais coincés dans la ville.

« Quand nous sommes arrivés, la neige nous arrivait aux genoux. L’électricité est coupée, internet est coupé, l’eau est coupée. C’est une grande tragédie humanitaire », a-t-elle déclaré.

Le DEM a affirmé que l’accès au carburant et au chauffage avait été coupé et que quatre enfants étaient morts de froid samedi en raison des températures extrêmes et du manque d’abris.

Le parti a également signalé que les pharmacies étaient vides et qu’il y avait des pénuries de farine, de nourriture et de médicaments, avec une famine qui se propage dans la ville.

Hatimoğulları a exhorté ce qu’elle a appelé les « pays garants » à agir pour lever le blocus dans le nord-est de la Syrie, faisant référence aux États-Unis et aux alliés occidentaux qui ont soutenu les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes dans la lutte contre le groupe État islamique.

Les forces des FDS se sont retirées des zones proches de Kobané au cours de la semaine dernière sous la pression de l’armée syrienne, alors que le président Ahmed al-Sharaa cherche à étendre le contrôle gouvernemental sur tout le pays.

Damas a exigé la dissolution des FDS, et Washington a laissé entendre que son partenariat avec cette force avait rempli son objectif.

Kobané a une valeur symbolique pour les Kurdes car elle a été envahie par les militants de l’État islamique en 2014 avant d’être reprise en janvier 2015 par les FDS soutenues par les États-Unis. Les FDS ont ensuite mené la campagne qui a chassé l’EI de ses derniers bastions en Syrie en 2019.

La Turquie considère depuis longtemps les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe désigné comme « organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux. Ankara soutient l’offensive actuelle de Damas, provoquant la colère des sympathisants du DEM et d’une partie de la communauté kurde de Turquie.

Des affrontements ont éclaté à Istanbul alors que la police antiémeute empêchait environ 300 personnes de manifester contre l’offensive syrienne, a rapporté un correspondant de l’Agence France-Presse. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des projectiles pour disperser la foule.

Les médias locaux ont rapporté qu’un député du DEM avait été blessé et transporté à l’hôpital. La police a procédé à des arrestations, mais le nombre de détenus n’était pas immédiatement connu.

Plus tôt samedi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a salué l’offensive syrienne contre les FDS.

« Les organisations terroristes sont repoussées de ces régions par l’armée syrienne », a déclaré Erdoğan. « Toutes ces sources de problèmes pour notre pays sont en train d’être résolues. »

« Lorsque cette organisation terroriste séparatiste sera définitivement éliminée dans le nord de la Syrie, toute la région en bénéficiera », a-t-il ajouté.

© Agence France-Presse

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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