Le PKK exige que la législation de paix inclue la libération d’Öcalan et des dirigeants historiques
Les points importants
- Exigence centrale : Le PKK conditionne la suite du processus à la libération physique d'Öcalan, estimant qu'une loi l'excluant serait un "sabotage".
- Menace d'échec : Le groupe prévient qu'une approche réduite au seul dépôt des armes, sans perspective politique, compromettrait la réussite de l'initiative.
- Incertitudes juridiques : L'absence de publication du projet de loi et de feuille de route claire, couplée à deux mois sans accès à Öcalan, fragilise le processus.
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a déclaré lundi que la législation prévue pour le nouveau processus de paix en Turquie doit garantir la libération de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan, et couvrir tous les membres du groupe, y compris sa direction historique.
L’initiative avait été lancée en octobre 2024, lorsque le chef du parti d’extrême droite MHP, Devlet Bahçeli, avait appelé de manière inattendue Öcalan à exhorter le PKK à déposer les armes. Öcalan avait lancé cet appel en février 2025, ce qui avait conduit le groupe à déclarer un cessez-le-feu et à annoncer sa dissolution.
Un groupe de membres du PKK avait brûlé leurs armes lors d’une cérémonie symbolique dans le nord de l’Irak en juillet 2025, et le groupe avait ensuite annoncé le retrait de ses forces de Turquie.
Les discussions se concentrent désormais sur la législation encadrant le processus de dépôt des armes, le retour ou la poursuite des membres du PKK et leur éventuelle intégration dans la vie civile et politique.
La déclaration du PKK intervient alors que des informations font état d’une possible exclusion d’Öcalan et des figures historiques du projet de « loi-cadre ».
Le gouvernement n’a publié aucun projet ni précisé si la législation inclura des réductions de peine, des mesures de réinsertion ou des dispositions concernant la direction du groupe.
« Une loi qui n’inclut pas la liberté physique d’Öcalan ne résoudrait aucun problème », a déclaré le PKK dans un communiqué écrit relayé par l’agence de presse pro-kurde Fırat (ANF). « Cela reviendrait clairement à saboter le processus. »
Le groupe a affirmé que la législation devrait couvrir les membres à tous les niveaux, des dirigeants historiques aux combattants de base, et leur permettre de participer à la vie politique démocratique.
« Si un conflit qui dure depuis 50 ans doit être placé sur un terrain légal et politique, exclure la direction du mouvement d’un environnement où la politique démocratique peut être librement menée ne produira pas de solution », a-t-il déclaré.
Le PKK a également estimé que la législation devrait être élaborée en consultation avec Öcalan et aborder la question kurde dans son ensemble, plutôt que de se concentrer uniquement sur le dépôt des armes.
« On ne peut pas s’attendre à ce qu’une approche qui réduit la question au dépôt des armes rende ce processus fructueux », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les membres de la délégation İmralı du parti pro-kurde DEM – Pervin Buldan, Mithat Sancar et l’avocat Özgür Faik Erol – ont rencontré Öcalan sur l’île-prison pour discuter du projet de législation.
Cette rencontre a suivi les entretiens de la délégation avec le vice-président du parti AKP au pouvoir, Efkan Ala, et avec Bahçeli, alors que les contacts politiques sur la suite du processus se poursuivaient.
Les responsables du parti DEM ont indiqué après ces discussions qu’un accord existait pour soumettre la législation-cadre au parlement en juillet.
Avant la rencontre, le PKK avait critiqué le fait qu’aucune délégation n’avait été autorisée à rencontrer Öcalan depuis deux mois, estimant qu’il était difficile d’expliquer le manque d’accès à un participant central alors que les préparatifs de la législation se poursuivaient.
La loi proposée est considérée comme la prochaine phase critique d’une initiative que le gouvernement appelle une « Turquie sans terrorisme ».
Le gouvernement a mis l’accent sur la vérification que le PKK a déposé les armes et s’est dissous, mais ne s’est pas engagé publiquement sur la libération d’Öcalan ou une amnistie générale.
Öcalan est emprisonné depuis 1999 et purge une peine de réclusion à perpétuité aggravée sur l’île d’İmralı, au sud d’İstanbul.
Le PKK, désigné comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux, mène une campagne armée contre l’État turc depuis 1984. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts.
Un précédent processus de paix lancé en 2013 s’était effondré en 2015, conduisant à une reprise des combats et à des destructions massives dans le sud-est kurde de la Turquie. L’absence de feuille de route juridique détaillée reste l’une des principales incertitudes entourant l’initiative actuelle.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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