Le Tayfun Block 4 turc atteint des vitesses hypersoniques, mais diffère des missiles hypersoniques à voilure ou de croisière
La Turquie a présenté le Tayfun Block 4 comme son premier « missile hypersonique », une avancée qui place le pays parmi un petit groupe de nations dotées de telles armes, bien que les experts soulignent qu’il appartient à une catégorie moins avancée que les systèmes déployés par la Russie, la Chine ou les États-Unis.
Le missile a été mis en avant cette semaine lors du 5e Sommet sur les radars militaires et la sécurité frontalière à Ankara par le directeur général de Roketsan, Murat İkinci, qui a déclaré que le système offre « une dissuasion sérieuse » et démontre la force de l’industrie de défense turque. Le Tayfun Block 4 a été présenté pour la première fois lors de la Foire internationale de l’industrie de défense (IDEF) à Istanbul en juillet 2025.
Contrairement aux planeurs hypersoniques ou aux missiles de croisière à statoréacteur, la caractéristique principale du Tayfun est son ogive manœuvrable conçue pour échapper aux défenses aériennes. Les analystes le décrivent comme un missile quasi-balistique ou hypersonique balistique — capable d’ajustements imprévisibles en phase terminale, le rendant plus difficile à intercepter qu’un missile balistique conventionnel mais moins sophistiqué que d’autres plateformes hypersoniques.
Selon des rapports techniques, le missile pourrait atteindre Mach 5 et frapper des cibles à une distance allant jusqu’à 1 000 kilomètres. Long de près de 10 mètres et pesant plus de 7 tonnes, il est mobile, à propergol solide et conçu pour des frappes régionales de précision.
Les analystes de défense estiment que ce système pourrait offrir à la Turquie une dissuasion conventionnelle en mettant les sites stratégiques adverses à portée. Ils notent que sa manœuvrabilité pourrait l’aider à contourner des défenses aériennes comme le Dôme de fer israélien ou David’s Sling, tout en soulignant que ces affirmations restent à vérifier en conditions opérationnelles réelles.
İkinci a également évoqué les travaux de Roketsan sur Steel Dome, un futur système national de défense aérienne multicouche intégrant radars, capteurs, plateformes aériennes, moyens navals et missiles. Il a précisé que l’intelligence artificielle jouera un rôle central dans la détection, la priorisation des cibles et la prise de décision, réduisant les temps de réponse à quelques millisecondes.




