Les importations accrues depuis la Turquie et la Chine compensent les pertes ukrainiennes pour Gazprom
Gazprom a indiqué que ses ventes accrues à la Chine et à la Turquie début 2025 ont compensé l’arrêt des flux gaziers via l’Ukraine depuis le 1er janvier, rapporte le site d’information Upstream ce mercredi.
Le géant gazier russe a produit 209,5 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz au premier semestre 2025, en hausse de 0,6 % sur un an, et en a vendu 185 bcm à ses clients domestiques et étrangers. Ces chiffres ont été communiqués aux autorités russes dans un rapport opérationnel.
Les exportations vers la Chine via le gazoduc Force de Sibérie approchent le volume annuel contractuel de 38 bcm, tandis que les importations turques depuis la Russie ont atteint environ 11 bcm entre janvier et juin via les gazoducs Blue Stream et TurkStream – une hausse de 28 % sur un an selon les données compilées par l’agence d’État TASS.
Force de Sibérie relie les gisements de Sibérie orientale au nord de la Chine via un contrat à long terme avec China National Petroleum Corporation. Blue Stream traverse quant à lui la mer Noire vers la Turquie, tandis que TurkStream dessert ensuite l’Europe du Sud-Est. Ces axes captent désormais l’essentiel des exportations russes après la réduction des achats par l’UE suite à l’invasion de l’Ukraine.
L’accord de transit gazier Russie-Ukraine arrivé à échéance fin 2024 a interrompu les flux vers l’ouest dès le 1er janvier. Le réseau ukrainien avait transporté 15,4 bcm de gaz russe en 2024 vers la Slovaquie, l’Autriche, la République tchèque et la Moldavie selon les données publiques.
La production gazière russe globale a reculé sur les huit premiers mois de 2025 selon le Service fédéral des statistiques, reflétant un déclin en dehors de Gazprom. L’opérateur signale également une baisse de 2 % des volumes transitant par son réseau principal, imputée à une demande domestique plus faible.
Malgré l’augmentation des importations turques depuis la Russie, Ankara diversifie ses approvisionnements sous la pression croissante de Washington concernant sa dépendance énergétique à Moscou.
Le président américain Donald Trump a récemment exhorté la Turquie à réduire ses achats d’énergie russe.
BOTAŞ, l’opérateur public turc, a signé un contrat LNG sur 20 ans avec Mercuria pour 4 bcm annuels à partir de 2026, approvisionnés depuis les terminaux américains. La Turquie a également annoncé des accords avec Cheniere et ExxonMobil.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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