Les qualifications professionnelles obtenues en Turquie en tête des reconnaissances allemandes en 2025
Les points importants
- Leader incontesté : 9 800 qualifications obtenues en Turquie ont été reconnues en 2025, soit 11 % de toutes les reconnaissances étrangères.
- Secteur clé : Les professions de santé (infirmiers, médecins) représentent 58 % des qualifications reconnues.
- Contexte répressif : L’augmentation des demandes d’asile turques s’explique par la répression politique après le putsch manqué de 2016, ciblant en particulier le mouvement Gülen.
Les autorités allemandes ont rendu des décisions positives dans 9 800 cas concernant des qualifications professionnelles obtenues en Turquie en 2025, soit plus que pour tout autre pays, selon des données publiées mercredi par l’Office fédéral de la statistique (Destatis).
Ce chiffre représentait 11 % de toutes les procédures de reconnaissance réussies de qualifications professionnelles étrangères au cours de l’année.
Les données sont basées sur le lieu où les demandeurs ont obtenu leurs qualifications professionnelles, et non sur leur nationalité. Les 9 800 cas ne représentent donc pas nécessairement des citoyens turcs. Par exemple, un citoyen syrien ayant suivi une formation professionnelle en Turquie serait comptabilisé sous la Turquie, tandis qu’un citoyen turc qualifié en Ukraine serait répertorié sous l’Ukraine.
Les qualifications obtenues en Ukraine se classent au deuxième rang, avec environ 8 300 décisions positives. La Syrie suit avec 6 100, tandis que l’Inde et la Tunisie enregistrent chacune 5 400.
La reconnaissance des qualifications obtenues en Syrie a augmenté de 42 % par rapport à l’année précédente, la plus forte hausse parmi les cinq principaux pays.
L’Allemagne a rendu des décisions positives dans environ 86 600 procédures de reconnaissance de qualifications professionnelles étrangères en 2025, soit une hausse de près de 10 % par rapport à 79 100 en 2024.
Le taux de croissance a ralenti par rapport aux deux années précédentes. Les reconnaissances avaient augmenté de 25 % en 2023 et de 21 % en 2024.
Les autorités ont traité 102 900 cas de reconnaissance au cours de l’année, dont 76 200 nouvelles demandes. Le nombre de nouvelles demandes a augmenté de 7 % par rapport à 2024.
Les professions de santé représentent à nouveau la majorité des demandes acceptées. Les soins infirmiers arrivent en tête avec 32 000 décisions positives, suivis par les médecins avec 13 900 et les ingénieurs avec 4 600. Ensemble, ces trois professions constituent 58 % de toutes les qualifications reconnues.
La place prépondérante des qualifications obtenues en Turquie s’inscrit dans un contexte de migration soutenue de la Turquie vers l’Allemagne, incluant des demandeurs d’asile et des professionnels qualifiés.
L’Allemagne a enregistré une forte augmentation des demandes d’asile de citoyens turcs ces dernières années.
Selon des chiffres publiés par le Parlement allemand, les premières demandes sont passées d’environ 7 100 en 2021 à 23 900 en 2022 et 61 200 en 2023.
Une réponse ultérieure du gouvernement les a estimées à 9 697 en 2024. Cette augmentation a suivi des années de répression politique après le putsch manqué de 2016, qui a ciblé en particulier le mouvement Gülen, bien que les chiffres officiels d’asile n’enregistrent pas la raison de chaque demandeur pour quitter la Turquie.
La Turquie connaît également un exode constant de médecins. L’Association médicale turque (TTB) indique que des milliers de médecins ont obtenu des certificats de bonne conduite nécessaires pour exercer dans de nombreux pays étrangers.
L’association avertit que ces certificats ne capturent pas tous les départs de médecins et ne prouvent pas que chaque bénéficiaire a effectivement émigré. Les organisations médicales citent la charge de travail excessive, les bas salaires, la violence contre les soignants et les perspectives de carrière limitées comme principales raisons poussant les médecins à chercher du travail à l’étranger.
Destatis ne fournit pas la nationalité des demandeurs, leur statut migratoire ni la raison de leur venue en Allemagne. Les données ne peuvent donc pas montrer combien des 9 800 qualifications obtenues en Turquie appartenaient à des demandeurs d’asile, à des citoyens turcs ou à des personnes ayant quitté le pays en raison des conditions de travail.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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