L’Irak demande à la région du Kurdistan d’aider à acheminer du pétrole brut vers la Turquie malgré les perturbations des exportations : rapport
L’Irak a demandé au gouvernement régional du Kurdistan (KRG) d’aider à acheminer du pétrole brut des champs pétrolifères de Kirkuk vers le port turc de Ceyhan, alors que Bagdad cherche à compenser d’importantes pertes d’exportations causées par des perturbations dans le sud, rapporte Reuters, citant deux responsables pétroliers au courant du dossier.
Selon le rapport, le ministère irakien du pétrole a envoyé une lettre au KRG début de la semaine dernière demandant qu’au moins 100 000 barils de pétrole brut par jour soient pompés depuis les champs pétrolifères publics de Kirkuk et transportés vers Ceyhan via les infrastructures pipelinières existantes.
Le pétrole pourrait être acheminé via le pipeline exploité par la Kurdistan Pipeline Company, qui transporte le brut du nord de l’Irak vers une connexion frontalière avec le pipeline Irak-Turquie menant au port méditerranéen de Ceyhan.
Les expéditions pourraient augmenter progressivement en fonction des approvisionnements disponibles, et Bagdad couvrirait les frais de transit pour le pétrole transporté à travers la région kurde, ont déclaré les responsables à Reuters. Le KRG n’a pas encore répondu à la demande.
Le pipeline Kirkuk-Ceyhan, également connu sous le nom de pipeline Irak-Turquie, s’étend sur environ 970 kilomètres (600 miles) depuis les champs pétrolifères de Kirkuk jusqu’au port méditerranéen turc de Ceyhan et constitue depuis longtemps la principale voie d’exportation du brut dans le nord du pays.
Cette initiative vise à réduire l’impact financier de la forte baisse des exportations pétrolières du sud de l’Irak, perturbées par la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 28 février et les attaques de représailles de Téhéran contre les actifs américains dans les pays du Golfe.
La production pétrolière des principaux champs du sud de l’Irak, où la majeure partie du brut du pays est normalement produite et exportée, a chuté d’environ 70 % pour atteindre environ 1,3 million de barils par jour contre 4,3 millions auparavant, a rapporté Reuters plus tôt ce mois-ci, citant des sources.
Les exportations depuis le Golfe ont été sévèrement limitées en raison de la guerre, obligeant Bagdad à chercher en urgence des voies alternatives pour son pétrole.
Les champs du nord à Kirkuk produisent actuellement environ 350 000 barils par jour, mais tout ce pétrole est dirigé vers les raffineries domestiques du nord de l’Irak, y compris la plus grande raffinerie du pays à Baiji.
Selon l’arrangement proposé, le ministère du pétrole redirigerait le brut des champs du sud vers la raffinerie de Baiji pour remplacer le pétrole de Kirkuk qui serait plutôt exporté via le pipeline vers la Turquie, selon une source du ministère citée par Reuters.
La baisse de la production et des exportations pétrolières menace d’aggraver la situation fiscale déjà fragile de l’Irak, les revenus gouvernementaux dépendant massivement des ventes de brut.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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