L’OTAN envisage d’étendre ses défenses antimissiles sur des bases turques face à la menace iranienne : rapport
L’OTAN envisage de renforcer sa présence de défense antimissile en Turquie en réponse aux menaces potentielles de l’Iran voisin, selon un rapport de Bloomberg citant des sources proches des discussions.
L’alliance a déjà stationné une batterie antimissile dans l’est de la Turquie pour protéger un radar de veille qui surveille les activités missile à travers le Moyen-Orient. Elle évalue désormais le déploiement d’un système Patriot supplémentaire pour renforcer la sécurité d’une base aérienne abritant des troupes américaines, a déclaré une source sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.
Cette éventuelle décision intervient après que l’OTAN a intercepté des missiles lancés depuis l’Iran, un épisode que les officiels turcs considèrent comme un test des capacités de réaction de l’alliance, selon des sources familières avec la position d’Ankara.
Un radar AN/TPY-2 situé à Kürecik, dans l’est de la Turquie, aurait probablement été la cible d’au moins un de ces missiles, selon ces sources. Ce radar compte parmi les systèmes d’alerte précoce les plus proches surveillant l’Iran.
L’OTAN n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires, tandis que le ministère turc de la Défense a décliné toute déclaration.
Un haut responsable militaire a indiqué que l’alliance continue de s’adapter aux menaces évolutives. Depuis le début du conflit, l’Iran aurait cherché à compromettre les systèmes américains d’alerte précoce, notamment via une frappe ayant détruit une installation radar similaire en Jordanie, élément clé des opérations de défense antimissile dans le Golfe.
La base aérienne turque d’İncirlik dans le sud, qui accueille des forces de l’OTAN et des centaines de personnels américains, est également considérée comme une cible potentielle. L’OTAN envisage d’y déployer une batterie Patriot PAC-3, a précisé l’une des sources. La base héberge depuis plus de dix ans un système PAC-2 opéré par l’Espagne, principalement conçu pour contrer les avions et missiles de croisière plutôt que les menaces balistiques.
Depuis le 4 mars, les systèmes de défense aérienne et antimissile de l’OTAN en Méditerranée orientale ont intercepté trois missiles lancés depuis l’Iran.
L’une de ces interceptions a eu lieu au-dessus d’İncirlik vendredi dernier. La base a précédemment été utilisée pour des opérations contre le groupe État islamique et pour imposer une zone d’exclusion aérienne dans le nord de l’Irak sous le régime de Saddam Hussein.




