L’UE propose à la Turquie d’intégrer le système de paiement SEPA, selon un rapport
L’Union européenne a proposé à la Turquie d’intégrer son Espace unique de paiements en euros (SEPA), une initiative visant à réduire les coûts de transfert et à renforcer l’intégration économique, a rapporté Reuters, citant des responsables européens.
Jurgis Vilcinskas, chargé d’affaires de l’UE à Ankara, a précisé que cette proposition avait été abordée le mois dernier lors d’une réunion entre la commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, et le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan à Ankara.
Le SEPA, qui regroupe 41 pays, permet des paiements transfrontaliers en euros plus rapides, moins coûteux et plus sécurisés. Selon la Commission européenne, les petits pays candidats ayant rejoint le système l’année dernière — Albanie, Moldavie, Monténégro et Macédoine du Nord — pourraient économiser collectivement jusqu’à 500 millions d’euros.
Vilcinskas a souligné que la participation au SEPA pourrait approfondir les liens économiques de la Turquie avec le bloc, réduisant significativement les coûts des transferts transfrontaliers pour les entreprises, les consommateurs et la diaspora turque.
La position de la Turquie sur cette proposition reste floue. Une source diplomatique turque a confirmé à Reuters que l’offre avait été transmise lors de la visite de Marta Kos le 6 février, ajoutant que le dossier relevait du ministère des Finances, qui ne s’est pas encore exprimé publiquement.
L’adhésion au SEPA pourrait également impacter les revenus des banques turques provenant des frais de transfert, qui varient selon le montant des transactions. Les données citées par Reuters montrent que les transferts entre la Turquie et l’Europe peuvent coûter jusqu’à 40 euros pour des montants compris entre 1 000 et 5 000 euros.
L’UE reste le premier partenaire commercial de la Turquie, avec des échanges annuels dépassant 200 milliards d’euros. Bien que les négociations d’adhésion soient largement au point mort ces dernières années, les deux parties ont exprimé leur intérêt pour moderniser l’union douanière et élargir la coopération économique.
Vilcinskas a précisé que la Turquie devrait se conformer aux réglementations européennes, notamment en matière de services de paiement, de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des données, ajoutant que la Commission européenne était prête à soutenir Ankara dans ce processus.
Une source bancaire turque a déclaré à Reuters que le SEPA pourrait générer des économies notables, particulièrement pour la diaspora turque en Europe.
Par ailleurs, Odile Renaud-Basso, présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, a affirmé dans une interview ce mois-ci que ce système pourrait rendre les transactions quasiment « gratuites ».




