Netanyahu affirme que les États-Unis ne devraient pas autoriser la vente de F-35 à la Turquie
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi ne pas croire que les États-Unis approuveront le transfert d’avions de chasse de cinquième génération F-35 à la Turquie, avertissant qu’Israël réagirait bien plus vigoureusement à une telle décision qu’à l’accord de Washington de vendre ces appareils à l’Arabie saoudite.
Netanyahu a tenu ces propos lors d’un entretien avec la chaîne Telegram Abu Ali Express, des commentaires largement relayés par les médias israéliens et régionaux.
« Je comprends que cette possibilité est très improbable, si tant est qu’elle existe. Notre position concernant le dossier saoudien et les F-35 – sachant que l’Arabie saoudite n’est pas un État en confrontation avec nous – serait cette même position décuplée s’il s’agissait de vendre des F-35 à la Turquie », a-t-il affirmé, qualifiant la Turquie de menace plus sérieuse que l’Arabie saoudite.
La Turquie a été exclue du programme F-35 en 2019 après l’acquisition du système de défense russe S-400, que Washington juge incompatible avec les technologies de l’OTAN. Ankara milite depuis pour sa réintégration, arguant d’une exclusion injuste. Le dossier refait surface alors que des contacts reprennent entre Ankara et Washington sur une coopération aéronautique.
Netanyahu a ajouté avoir eu un échange détaillé avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a réaffirmé l’engagement de Washington à préserver la supériorité militaire qualitative d’Israël (QME), un principe inscrit dans la loi américaine.
Ces déclarations interviennent peu après la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman à la Maison Blanche le 18 novembre, où le président Donald Trump a évoqué son intention de finaliser la vente de F-35 à Riyad dans le cadre d’un accord stratégique élargi.
Dans ce cadre, l’Arabie saoudite – récemment désignée comme allié majeur non-membre de l’OTAN – devrait recevoir jusqu’à 48 F-35 sur plusieurs années, ainsi que d’autres équipements avancés. Selon des responsables américains et des sources israéliennes, ces appareils seraient livrés avec des capacités inférieures à celles de la flotte israélienne, conformément aux exigences de QME.
Tensions autour de Gaza et de la sécurité régionale
Ce différend survient alors que la Turquie affirme être prête à assumer des responsabilités dans la bande de Gaza, y compris un déploiement militaire si nécessaire après le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël en octobre.
Ankara estime que son implication éviterait un vide sécuritaire, mais Israël rejette fermement cette proposition, invoquant les liens de la Turquie avec le Hamas.
Israël s’oppose publiquement à toute présence militaire ou politique turque à Gaza et œuvre dans les canaux diplomatiques pour bloquer la participation d’Ankara à une éventuelle force multinationale de stabilisation.
Les propos de Netanyahu reflètent les tensions persistantes entre Israël et la Turquie sur Gaza, la Syrie et d’autres dossiers régionaux. Les responsables israéliens craignent depuis longtemps qu’une Turquie équipée de F-35 ne limite leur marge de manœuvre en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient.
Obstacles juridiques et politiques aux États-Unis
La Turquie ne peut pas simplement réintégrer le programme. Plusieurs lois américaines interdisent tout transfert de F-35 à Ankara. Le Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) reste en vigueur en raison de l’achat du système S-400 russe, et le National Defense Authorization Act (NDAA) inclut des dispositions annuelles bloquant la livraison de F-35 tant que le dossier S-400 n’est pas résolu ou les sanctions levées.
Toute vente de systèmes militaires américains avancés nécessite également l’approbation du Congrès, donnant aux législateurs un pouvoir significatif, alors qu’Israël et la Grèce ont exprimé leurs inquiétudes quant à un éventuel retour de la Turquie dans le programme.
Washington exige une solution « claire et permanente » au litige sur les S-400. Ankara refuse de démanteler ou transférer le système, laissant le dossier dans l’impasse.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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