Un homme brandit un drapeau syrien devant la Maison Blanche après la rencontre entre le président syrien Ahmed al-Sharaa et Donald Trump, le 10 novembre 2025. Al-Sharaa a été reçu par Trump quelques jours après son retrait de la liste noire américaine des "terroristes". Chef rebelle ayant chassé Bachar al-Assad fin 2024, il est le premier dirigeant syrien invité à la Maison Blanche depuis l'indépendance du pays en 1946. (Photo : BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)
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[OPINION] La nouvelle politique étrangère de Trump : un pragmatisme au détriment des principes

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Par Bosphorama

Publié le

Yasemin Aydın*

Alors que Washington s’émeut encore du projet extravagant de salle de bal de Donald Trump à la Maison Blanche, l’attention se porte désormais sur ses récentes orientations en politique étrangère. Ses rencontres avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le nouveau président syrien Ahmed al-Sharaa marquent l’avènement d’une nouvelle approche américaine : moins idéologique, plus transactionnelle, mais aussi bien plus périlleuse.

Lors de sa visite à Washington, Orbán a tenté de convaincre Trump que la guerre en Ukraine ne pouvait être gagnée militairement. Le dirigeant hongrois a qualifié la stratégie occidentale de « malentendu » — et Trump s’est montré réceptif. Peu après, les États-Unis ont exempté la Hongrie des sanctions sur le pétrole et le gaz russes. Cette décision peut s’interpréter comme une tentative de maintenir un État membre de l’UE dans l’orbite américaine, mais aussi comme un signal inquiétant pour Kyiv, où le soutien américain semble faiblir. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, venu à Washington le mois dernier pour réclamer des armes supplémentaires, est reparti sans garanties concrètes.

Quelques jours plus tard, Trump recevait al-Sharaa à la Maison Blanche — un geste révélateur de sa quête d’un nouvel équilibre diplomatique. Al-Sharaa, qui dirige la fragile transition de la Syrie après cinq décennies de dictature vers une démocratie balbutiante, venait à peine d’être retiré de la liste des sanctions de l’ONU. Son invitation à la Maison Blanche symbolise un virage à la fois stratégique et symbolique : les États-Unis voient désormais la Syrie comme un partenaire potentiel dans la lutte contre le prétendu État islamique en Irak et au Levant.

La double stratégie de Trump — pression sur les adversaires traditionnels, ouverture vers les acteurs émergents — reflète son approche pragmatique. Elle dessine une politique étrangère moins guidée par des considérations morales que par la recherche d’une stabilité et d’une influence à court terme. Mais cette ligne crée une tension intrinsèque : un équilibre délicat entre principes et réalisme, entre rhétorique démocratique et coopération avec des régimes autoritaires.

Comme l’a souligné Delaney Simon dans *Foreign Policy* en juin, le caractère disparate des sanctions américaines rend toute stratégie cohérente difficile à maintenir. Trump, lui, semble convaincu de pouvoir transformer cette complexité en atout : pour lui, la flexibilité équivaut à la force.

Reste à savoir si cette approche produira une stabilité durable ou de nouvelles dépendances. Une chose est sûre : la politique étrangère de Trump ne représente plus un tournant, mais un miroir de notre époque, mélange de pragmatisme, de calculs de puissance et de quête d’équilibre dans un ordre mondial toujours plus fragmenté.

Cet article a été initialement publié sur www.deutschebold.com

*Yasemin Aydın est anthropologue sociale et psychologue sociale en Allemagne.

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cette tribune sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de Turkish Minute.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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