Plus de 19 millions d’étudiants ont abandonné l’université turque en une décennie, selon des données
Plus de 19 millions d’étudiants ont abandonné leurs études universitaires en Turquie entre 2015 et 2025, selon des chiffres publiés par le Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK) et rapportés par le journal Sözcü.
Ces données, révélées dans une réponse parlementaire à une question de la députée d’opposition Aliye Timisi Ersever du Parti républicain du peuple (CHP), montrent qu’un total de 19 049 203 étudiants ont quitté l’université au cours de la dernière décennie. Le pic a été enregistré en 2022, une année marquée par une grave crise économique.
La pression économique frappe l’éducation
Le YÖK indique que près de 3,96 millions d’étudiants ont renoncé à leurs études supérieures en 2022, une année où la livre turque a subi une dépréciation brutale et où l’inflation a atteint un record de 85,5 % en octobre.
Le deuxième chiffre le plus élevé remonte à 2018, avec plus de 2 millions d’abandons. Rien que ces quatre dernières années, plus de 11 millions d’étudiants ont quitté les bancs de l’université.
La majorité des étudiants concernés étaient inscrits dans des universités publiques. Sur les 19 millions d’abandons, 16,9 millions provenaient d’universités d’État, 2,1 millions d’universités privées et 57 000 d’écoles professionnelles privées.
Selon le YÖK, la Turquie compte en 2024 un total de 209 universités, dont 131 publiques et 78 privées (fondations).
Dans le public, environ 8,3 millions d’étudiants ont quitté des facultés de quatre ans, 7 millions des programmes associés de deux ans, 1,4 million des masters et 182 000 des doctorats.
L’opposition alerte sur les inégalités
La députée CHP Ersever dénonce une éducation devenue « un luxe pour les riches », pénalisant les familles modestes. Elle met en garde contre les conséquences pour la main-d’œuvre qualifiée et l’avenir du pays.
Bien que l’inflation officielle soit redescendue à environ 33 % après son pic de 85 % en 2022, la livre turque continue de se déprécier, plongeant de nombreux Turcs dans une crise du pouvoir d’achat qui rend difficile la couverture des besoins essentiels.
Pour les étudiants, la situation est particulièrement critique : flambée des loyers, baisse du pouvoir d’achat et accès limité aux bourses contraignent beaucoup à choisir entre études et survie quotidienne.
Parmi les décrocheurs, 8 millions avaient entre 20 et 25 ans. Au total, 9,7 millions étaient des hommes et 9,35 millions des femmes.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




