Système Patriot déployé dans l’est de la Turquie pour renforcer la défense aérienne face à la guerre avec l’Iran
La Turquie a annoncé mardi le déploiement d’un système de missiles Patriot dans l’est du pays, un jour après que l’OTAN a intercepté un deuxième missile balistique tiré depuis l’Iran dans l’espace aérien turc.
Cette mesure a été rendue publique après un appel téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdoğan et l’Iranien Masoud Pezeshkian, ce dernier affirmant que le missile n’avait pas été tiré depuis l’Iran.
“Les mesures nécessaires sont prises pour assurer la sécurité de nos frontières et de notre espace aérien, en coordination avec l’OTAN et nos alliés.
Outre les dispositions nationales, l’OTAN a renforcé ses capacités de défense antimissile”, a déclaré le ministère turc de la Défense.
“Dans ce cadre, un système Patriot est déployé à Malatya” dans l’est de la Turquie.
Malatya abrite la base aérienne de Kürecik, site stratégique sous contrôle américain où est installé un radar de l’OTAN capable de détecter les lancements de missiles iraniens.
Ankara dément catégoriquement que ces données radar servent Israël, mais leur présence irrite Téhéran.
Ce déploiement intervient après l’interception par l’OTAN d’un deuxième missile iranien, poussant Washington à fermer son consulat d’Adana et à recommander aux citoyens américains de quitter le sud-est turc.
Les troupes américaines sont également stationnées à la base aérienne d’İncirlik, située à seulement 10 km d’Adana.
Kürecik se trouve environ 350 km plus au nord-est.
Ces deux bases constituent un sujet ultrasensible en Turquie, où trois journalistes ont été arrêtés pour avoir filmé près d’İncirlik quelques heures après le début du conflit, au motif de « sécurité nationale ».
‘Les missiles ne venaient pas d’Iran’
Le président iranien a téléphoné à Erdoğan dans la nuit, selon un communiqué publié sur X par la présidence turque.
Pezeshkian aurait assuré que “les missiles entrés dans l’espace aérien turc ne provenaient pas d’Iran”, promettant une “enquête approfondie”.
Erdoğan, qui avait auparavant mis en garde l’Iran contre toute “provocation”, a répondu que “la violation de notre espace aérien ne saurait être tolérée”, affirmant que la Turquie “prendrait toutes les mesures nécessaires”.
Il a aussi exprimé l’espoir que la nomination de l’ayatollah Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême iranien “contribuerait à la paix régionale”.
Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Téhéran a multiplié les frappes au Moyen-Orient. Hormis deux interceptions en cinq jours, la Turquie semble épargnée.
Après l’interception d’un premier missile le 4 mars, l’OTAN avait évoqué un renforcement de ses “capacités antimissiles” sans préciser les détails pour raisons opérationnelles.
La France a condamné fermement l’incident de lundi, le porte-parole du Quai d’Orsay Pascal Confavreux exigeant que l’Iran “cesse ses tirs injustifiés visant les États de la région”.
© Agence France-Presse




