Un consortium qatari incluant des entreprises turques signe un accord de 4 milliards $ pour reconstruire l’aéroport de Damas
Un consortium dirigé par le Qatar incluant les groupes turcs de construction Kalyon Holding et Cengiz Holding ainsi que TAV Airports a signé un protocole d’accord de 4 milliards $ avec l’Autorité syrienne de l’aviation civile pour moderniser et agrandir l’aéroport international de Damas, a annoncé jeudi UCC Holding du Qatar.
La cérémonie de signature s’est tenue mercredi à Damas sous la présidence du président syrien Ahmed al-Sharaa. L’ambassadeur américain en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie Tom Barrack était également présent.
Sur X, Barrack a salué cet accord comme une étape majeure vers la reconstruction post-conflit et la réintégration régionale, suite à la décision du président Donald Trump de lever les sanctions américaines contre la Syrie.
« L’avenir d’une Syrie prospère et pacifique est entre les mains de la Syrie et de ses partenaires régionaux, comme UCC du Qatar et les groupes turcs Cengiz et Kalyon », a-t-il posté, faisant référence aux entreprises attributaires du contrat BOT (Build-Operate-Transfer) pour l’aéroport.
Ce projet s’inscrit dans un plan d’investissement global de 14 milliards $ signé le même jour par la Syrie avec des entreprises étrangères. Selon l’agence d’État syrienne SANA et le site d’investissement Zawya, ce plan inclut également un projet de métro à Damas (2 milliards $) avec une entreprise émiratie, un complexe de tours commerciales (2 milliards $) avec l’italien UBAKO, ainsi que plusieurs accords immobiliers et infrastructurels.
Après le renversement du dirigeant Bachar al-Assad en décembre lors d’une offensive rebelle, les nouvelles autorités syriennes cherchent à attirer les investissements étrangers pour reconstruire les infrastructures critiques après près de 14 ans de guerre civile.
Les États-Unis et l’Union européenne ont levé les sanctions contre la Syrie suite à la chute d’Assad, ouvrant la voie à de nouveaux échanges commerciaux et investissements.
La modernisation de l’aéroport sera réalisée selon un modèle BOT en cinq phases, avec pour objectif de transformer l’aéroport international de Damas en un hub régional capable d’accueillir 31 millions de passagers annuels.
La première phase vise une capacité de 6 millions de passagers la première année, puis 16 millions avant d’atteindre le volume final. Les installations modernisées répondront aux standards internationaux avec jusqu’à 32 portes, des systèmes embarqués avancés, des services de navigation aérienne améliorés et un terminal réaménagé incluant des enseignes commerciales et restauration internationales.
Le projet inclut également la rénovation d’une route d’accès de 50 km et un plan de 250 millions $ pour relancer Syrian Airlines, comprenant l’achat de 10 nouveaux Airbus A320.
Le consortium comprend UCC Concessions Investments LLC (Qatar), Assets Investments USA LLC et les groupes turcs Cengiz Holding, Kalyon Construction et TAV Tepe Akfen.
Cengiz et Kalyon font partie d’un groupe d’entreprises souvent qualifiées de « gang des cinq » par l’opposition turque en raison de leurs liens étroits avec le président Recep Tayyip Erdoğan et leur domination des marchés publics.
Après la signature, le président d’UCC Mohammad Moutaz Al-Khayyat a décrit le projet comme « un partenariat stratégique pour reconstruire une porte vitale de la Syrie vers le monde ».
Le président de Kalyon Holding Murathan Kalyoncu a souligné l’expérience du groupe avec l’aéroport d’Istanbul, réalisé en 42 mois et désormais parmi les plus fréquentés au monde.
« Nous espérons que ce projet marquera un tournant pour la Syrie et contribuera à la stabilité régionale », a-t-il déclaré.
En mai, un consortium similaire dirigé par UCC Holding avait signé un protocole d’accord de 7 milliards $ pour des projets énergétiques en Syrie, incluant une centrale de 5 000 mégawatts.
En juillet, la Syrie a également signé un accord de 800 millions $ avec DP World pour développer le port de Tartous, incluant des zones industrielles et franches. L’Arabie saoudite a parallèlement promis 6,4 milliards $ d’investissements.
Cette vague d’accords infrastructurels suit un réchauffement diplomatique entre Damas et plusieurs capitales régionales, notamment du Golfe.
Toutefois, des groupes de défense des droits humains mettent en garde contre des projets de reconstruction à grande échelle sans réformes politiques parallèles, susceptible de renforcer les structures de pouvoir existantes.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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