Un juge américain abandonne les poursuites contre Halkbank après un accord avec l’administration Trump, selon un rapport
Les points importants
- Décision judiciaire : Le juge fédéral Richard Berman a approuvé l’abandon des poursuites contre Halkbank dans le cadre d’un accord avec l’administration Trump, clôturant une affaire qui durait depuis 2019.
- Accord sans aveu : La banque turque n’a pas plaidé coupable et n’a admis aucune faute, mais s’engage à ne plus effectuer de transactions avec l’Iran et à travailler avec un contrôleur.
- Détente diplomatique : L’affaire, source de tensions entre Ankara et Washington, est définitivement close, au soulagement du président Erdoğan, qui l’avait qualifiée d’« illégale ».
Un juge fédéral new-yorkais a abandonné mercredi les poursuites pénales du ministère américain de la Justice contre la banque publique turque Halkbank, après que l’administration du président Donald Trump a conclu un accord avec l’établissement, mettant fin à une procédure entamée en 2019, a rapporté Reuters dans un article.
Le juge fédéral Richard Berman, basé à Manhattan, a approuvé l’abandon des poursuites lors d’une audience mercredi.
Halkbank a indiqué dans un communiqué à la plateforme de divulgation publique turque (KAP) que le tribunal avait approuvé l’abandon des poursuites pénales contre la banque aux États-Unis.
« Cela met un terme définitif et final à la procédure pénale qui durait depuis des années contre notre banque aux États-Unis », a déclaré l’établissement.
L’accord, annoncé en mars, devait lever une source de tension ancienne entre la Turquie et les États-Unis.
Les actions de Halkbank ont fortement grimpé à la Bourse d’Istanbul après l’annonce de l’accord.
Halkbank avait été inculpée durant le premier mandat de Trump pour avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions américaines.
Les procureurs accusaient la banque d’avoir transféré secrètement 20 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués, converti des revenus pétroliers en or et en espèces au profit d’intérêts iraniens, et d’avoir utilisé de fausses expéditions de nourriture pour justifier des transferts de recettes pétrolières.
La banque a plaidé non coupable et n’a reconnu aucun acte répréhensible dans le cadre de l’accord. Aucun argent n’a changé de main dans le cadre de cet arrangement.
Le ministère de la Justice a indiqué que l’abandon des poursuites servait les intérêts américains dans la lutte contre le soutien à l’Iran. Aux termes de l’accord, Halkbank s’interdit d’effectuer des transactions au bénéfice de l’Iran et doit travailler avec un contrôleur pour vérifier sa conformité en matière de sanctions et de lutte contre le blanchiment d’argent.
Après l’annonce de l’accord en mars, Berman avait suspendu l’affaire pendant 90 jours pour donner à Halkbank le temps de démontrer son respect des conditions. La banque a engagé Ernst & Young pour examiner ses politiques de conformité.
L’affaire avait été examinée par plusieurs tribunaux américains au fil des ans.
Halkbank avait plaidé qu’en tant que banque publique turque, elle bénéficiait d’une immunité de poursuites dans un autre pays. La Cour suprême des États-Unis avait en octobre laissé en place une décision d’une juridiction inférieure permettant à l’affaire de se poursuivre.
Le règlement a été annoncé après le début de la guerre en Iran en février.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait vivement critiqué l’affaire Halkbank, la qualifiant d’illégale et de « laide ».
Après avoir rencontré Trump l’an dernier, Erdoğan avait déclaré espérer que l’affaire serait résolue, ajoutant en octobre que Trump lui avait dit lors d’une rencontre à la Maison-Blanche en septembre, puis lors d’un appel téléphonique, que « le problème Halkbank est réglé pour nous ».
Les relations entre la Turquie et les États-Unis se sont améliorées depuis le retour de Trump à la présidence l’an dernier, les deux gouvernements décrivant les liens entre les deux alliés de l’OTAN de manière plus positive que les années précédentes.




