Un leader de l’opposition placé en résidence surveillée pour avoir « insulté » Erdoğan
Un tribunal turc a placé lundi Nurullah Efe Ankut, dirigeant du Parti de libération du peuple (HKP), en résidence surveillée pour avoir prétendument insulté le président Recep Tayyip Erdoğan, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant des médias turcs.
Ankut, 79 ans, a été arrêté dimanche soir après avoir posté sur X qu’Erdoğan et son cercle proche étaient impliqués dans un trafic de pétrole d’une valeur de 1,4 milliard de dollars en provenance d’Irak.
Après son audition par le procureur, l’affaire a été transmise à un juge pénal de paix, qui a ordonné la résidence surveillée pour « insulte publique au président ».
Le HKP, un parti politique populiste de gauche et anti-impérialiste, est depuis longtemps un critique virulent d’Erdoğan. L’arrestation d’Ankut s’inscrit dans une série de poursuites visant des figures de l’opposition en Turquie.
La Turquie invoque fréquemment une loi criminalisant « l’insulte au président » (article 299 du code pénal turc) pour réduire au silence les dissidents. Des milliers de journalistes, universitaires, politiciens et militants ont fait l’objet d’enquêtes, de poursuites et de peines de prison en vertu de cette disposition largement critiquée. Les organisations de défense des droits humains dénoncent son utilisation comme outil pour étouffer la dissidence et restreindre la liberté d’expression.
Ankut a déjà subi des représailles judiciaires pour son activisme. En 2014, après les révélations selon lesquelles des camions opérés par les services de renseignement turcs (MİT) transportaient des armes vers la Syrie, le HKP avait déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, accusant Erdoğan et des hauts responsables, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu, l’ancien ministre de l’Intérieur Efkan Ala et l’ancien chef du renseignement Hakan Fidan, de crimes de guerre.
En réponse, les procureurs turcs avaient inculpé Ankut pour insulte au président et à d’autres responsables, aboutissant à une condamnation avec une peine d’un an et demi de prison avec sursis.
Le 28 juillet, le procureur général de la Cour de cassation turque a annoncé que l’adhésion au parti et la fonction de dirigeant d’Ankut avaient été révoquées. Les avocats du HKP ont fait appel de cette décision, la qualifiant de « nulle et non avenue » car la haute cour n’a pas compétence pour intervenir dans la composition des partis politiques.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




