Un sénateur américain maintient son blocage des F-35 à la Turquie malgré les efforts d’Erdoğan pour réintégrer le programme
Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain Jim Risch a affirmé mercredi dernier qu’il continuerait à bloquer le transfert des avions de combat F-35 à la Turquie, en dépit des récentes déclarations du président turc Recep Tayyip Erdoğan, selon un rapport d’Aviation Week.
Intervenant lors d’une audition pour Kimberly Guilfoyle, candidate de Donald Trump au poste d’ambassadrice en Grèce, Risch a confirmé avoir bloqué six F-35A commandés par la Turquie et souligné que sa position restait inchangée.
« J’ai imposé un blocage et je maintiendrai ce blocage pour de nombreuses raisons », a déclaré Risch selon Aviation Week. « En ce qui concerne la Turquie, c’est moi qui ai bloqué les F-35, et les F-35 qu’ils ont achetés et payés sont toujours aux États-Unis. »
Ses commentaires interviennent deux semaines après qu’Erdoğan ait affirmé que la Turquie n’avait pas abandonné le programme F-35 et menait des discussions techniques avec les États-Unis pour résoudre le différend. « Nous discutons de notre intention de revenir dans le programme avec nos homologues », avait déclaré Erdoğan le 26 juin. « Si Dieu le veut, nous progresserons. »
La Turquie avait été exclue du programme F-35 en 2019 après l’achat du système de défense aérienne russe S-400, considéré par Washington comme une menace pour les capacités furtives des avions. Cette acquisition violait la loi CAATSA et déclenchait l’article 1245 du NDAA 2020, interdisant tout transfert de F-35 à la Turquie tant qu’elle posséderait les S-400.
Bien que Risch ne puisse opposer son veto à la vente, son rôle de président de commission lui permet d’imposer un « blocage » sur les transferts d’armes, les gelant indéfiniment.
Surmonter cet obstacle juridique s’avère plus complexe que la simple levée des sanctions CAATSA. L’article 1245 du NDAA n’accorde aucun pouvoir de dérogation au président. Le transfert n’est autorisé que si les secrétaires d’État et de la Défense certifient conjointement au Congrès que la Turquie ne possède plus les S-400 et ne tentera pas de les réacquérir.
Selon le journal grec Kathimerini, des juristes américains étudieraient des interprétations alternatives, comme le stockage, la neutralisation ou le transfert des S-400 à un tiers – des mesures pouvant arguer que la Turquie ne « possède » plus le système.
En attendant, la Turquie se tourne vers d’autres options pour moderniser son aviation, notamment l’acquisition de 40 Eurofighter Typhoon auprès d’un consortium européen regroupant le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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